Amanda Seyfried est au cœur du Testament d’Ann Lee, film-choc qui mélange étude d’un culte religieux, fresque historique et comédie musicale spectaculaire. Un ovni qui aurait dû mener l’actrice de Mean Girls et La femme de ménage tout droit vers l’Oscar.
On a jamais vu Amanda Seyfried comme ça, et c’est vraiment rien de le dire.
L’actrice géniale de Mean Girls et La femme de ménage (où elle n’a pas de mal à faire de l’ombre à sa controversée consoeur Sydney Sweeney, le sex symbol sulfureux) est presque méconnaissable dans l’un des grands évènements cinéma de cette nouvelle année : Le testament d’Ann Lee. Soit l’histoire de la religion Méthodiste, de sa genèse en Nouvelle-Angleterre à son enclin aux Etats-Unis, forcément très mouvementée, apogée entièrement dirigée par la Ann Lee du titre, une sorte de Jeanne d’Arc britannique assaillie par d’étranges visions transcendantes, habitée par une entité qui la dépasse (selon ses dires) et portant sa voix au gré d’adeptes particulièrement certains de voir en elle “l’élue”.
Si cela vous laisse dubitatif, sachez cependant que cette expérience cinématographique à découvrir à tout prix dans une salle de cinéma (et si possible, la plus grande) mélange comédie musicale (oui oui), fresque historique, mélodrame, portrait de femme. Un drôle d’hybride qui devrait en décontenancer plus d’un, mais fait mouche. Doux euphémisme.
On y apprend la généalogie d’une croyance, propagée par une femme-prêtre à la vie essaimée de drames et de souffrance (tout un programme), et de son ascension, au fil de séquences intenses où “maîtresse de cérémonie” et “frères et soeurs” - ses adeptes - s’adonnent à des danses frénétiques et à de véritables instants de transe collective. D’où le côté “comédie musicale” hyper chorégraphié et sidérant de précision.
Un sentiment intense que la réalisatrice souhaite propager et partager avec le public. Si le récit mélange les tonalités, du tragique au grotesque, comme pour mieux dérouter son spectateur, ce qui ne bouge pas, c’est la justesse d’une interprétation, celle de son actrice principale donc, Amanda Seyfried, incarnation du rôle-titre ; une femme complexe, ambivalente, à la fois attachante et inquiétante, complètement possédée par ses convictions, tout comme l’actrice est possédée par son rôle.
Etourdissant et vertigineux, jusqu’à nous inciter à l’introspection : pourquoi Amanda Seyfried n’est pas nommée dans la catégorie de la Meilleure Actrice aux Oscars cette année ? Un tel prix aurait été largement mérité, tant son interprétation bouleverse et subjugue. Elle participe à l’effet de perdition, sensorielle notamment, largement souhaité par le film.
Et on ne va pas se mentir, ce film, elle le porte sur ses épaules, d’un bout à l’autre.
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