cinéma
"Désastreux", "Horribles scènes de sexe" : le film "Hurlevent" se fait détruire par la presse, et si ces critiques étaient sexistes ?
Publié le 11 février 2026 à 20:00
"Désastreux", "Catastrophique", "Une honte", "Atroce". Le film "Hurlevent" au casting de luxe (Margot Robbie et Jacob Elordi en amoureux, charli xcx à la BO), se fait démolir par la critique, aussi bien américaine qu'hexagonale. Et certains voient là un flagrant délit de sexisme décomplexé.
"Désastreux", "Horribles scènes de sexe" : le film "Hurlevent" se fait détruire par la presse, et si ces critiques étaient sexistes ?
"Désastreux", "Horribles scènes de sexe" : le film "Hurlevent" se fait détruire par la presse, et si ces critiques étaient sexistes ? "Désastreux", "Catastrophique", "Une honte", "Atroce". Le film "Hurlevent" au casting de luxe (Margot Robbie et Jacob Elordi en amoureux, charli xcx à la BO), se fait démolir par la critique, aussi bien américaine qu'hexagonale. Et certains voient là un flagrant délit de sexisme décomplexé. Le féminin british le scande d'une façon presque militante : "Hurlevent est un cataclysme sexuel et sulfureux complètement fait et pensé pour les femmes". Pour la journaliste qui y va de sa notule en forme de billet d'humeur, c'est pour cela que personne ne comprend cette adaptation très moderne et iconoclaste du classique littéraire de Emily Brontë, pierre angulaire de notre culture romanesque : comme un gender gap, un écart entre ceux qui vont voir le film et le public auquel il est destiné. En vérité, on entend cette réaction. Car les critiques émises à l'encontre des Hauts du Hurlevent, version Robbie/Elordi/Charli, sont particulièrement véhémentes voire carrément chaotiques. De fait, on se demande ce qui à ce point engendre des attitudes exacerbées, disproportionnées. Et on a une réponse, en tout cas un début : sa cinéaste, Emerald Fennell, à qui l'on doit le jubilatoire Promising Young Woman, pamphlet féministe énervé et réjouissant, déjà très, très, controversé et clivant. Et le coup final porté à la réputation anti-fédératrice de la réalisatrice : Saltburn, où l'on trouvait déjà Jacob Elordi, ovni qui a engendré une shitstorm ahurissante confinant à l'acharnement - tempête de controverses futiles et d'opinions violentes - sur les réseaux sociaux.  Clairement, cette réalisatrice se fiche d'être aimée, son style est très singulier, son goût pour l'anachronisme très appuyé, son refus des bienséances limpide. Elle assume.
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"Désastreux", "Catastrophique", "Une honte", "Atroce". 

Le film "Hurlevent" au casting de luxe (Margot Robbie et Jacob Elordi en amoureux fiévreux, charli xcx à la BO, car quoi de plus brat summer qu'un film à costumes ?), se fait démolir par la critique, aussi bien américaine qu'hexagonale. Et certains voient là un flagrant délit de sexisme décomplexé - un sort que n'aurait pas vécu un réalisateur, a contrario d'une cinéaste aux choix très singuliers et incarnés. C'est par exemple le cas de Grazia, version britannique, qui va au secours de ce qui semble être le grand épouvantail cinématographique du moment. 

Le féminin british le scande d'une façon presque militante : "Hurlevent est un cataclysme sexuel et sulfureux complètement fait et pensé pour les femmes". Pour la journaliste qui y va de sa notule en forme de billet d'humeur, c'est pour cela que personne ne comprend cette adaptation très moderne et iconoclaste du classique littéraire de Emily Brontë, pierre angulaire de notre culture romanesque : comme un gender gap, un écart entre ceux qui vont voir le film et le public auquel il est destiné. En vérité, on entend cette réaction. 

Car les critiques émises à l'encontre des Hauts du Hurlevent, version Robbie/Elordi/Charli, sont particulièrement véhémentes voire carrément chaotiques, tant et si bien qu'on se demande dans quelle mesure cette transposition audacieuse a porté atteinte aux journalistes, qui voient la chose comme une insulte. Florilège : "romance clinquante", "délire esthétique", "un film pour influenceurs", "un roman-photo qui prête à rire", "une mauvaise publicité pleine de scènes de sexe clichés", "une adaptation d'un classique qui se retrouve complètement vidé de sa substance" : Hurlevent apparaît comme un "truc pour génZ", pour "influenceurs", qui fait beaucoup de bruit et dont l'esthétique est trop présente. 

Si ça fait trop de bruit, c'est que vous êtes trop vieux ? Entre gender gap et écart générationnel, il n'y a qu'un pas. Pourquoi tant de haine ? On se le demande bien.

"Désastreux et plein de scènes de sexe clichés", "Une catastrophe" : Hurlevent étrillé par une critique en flagrant délit de sexisme ?

Hurlevent, grand épouvantail de la critique cinéma, se retrouve malmené par les haters. Voué aux gémonies par l'intelligentsia. 

"Fennell, qui semble toujours susciter des réactions passionnées en tant que cinéaste, a clairement indiqué que son adaptation des Hauts de Hurlevent n'est pas une œuvre fidèle destinée aux puristes, mais le reflet de sa lecture à l'âge de 14 ans. Le film est très stylisé, quelquefois provocateur, et parfois teinté d'ironie. Il est divertissant. C'est ce que je recherche – et je soupçonne que beaucoup de spectateurs aussi – par un week-end pluvieux de février.", développe encore Grazia UK dans son analyse. 

"Les films que le public apprécie sont souvent massacrés à leur sortie. Les Hauts de Hurlevent est peut-être un film qui divise, mais comme l'a souligné un critique culturel, « l'hostilité a été implacable ». Il est vrai que les critiques (y compris celles d'utilisateurs de TikTok qui n'ont pas encore vu le film) semblent disproportionnées. Est-ce là le risque inhérent à l'adaptation d'un classique (n'est-ce pas là tout simplement le risque de comprendre qu'une adaptation n'a pas à être une reproduction fidèle ?), ou est-ce le lot commun de toute grosse sortie (ayant bénéficié d'une importante promotion) qui s'expose inévitablement à une réaction négative (voir également : Saltburn, Barbie, et même Titanic à l'époque)."

De fait, on se demande à l'unisson ce qui à ce point engendre des attitudes exacerbées, disproportionnées. 

Et on a une réponse, en tout cas un début : sa cinéaste, Emerald Fennell, à qui l'on doit le jubilatoire Promising Young Woman, pamphlet féministe énervé et réjouissant, déjà très, très, controversé et clivant. Et le coup final porté à la réputation anti-fédératrice de la réalisatrice : Saltburn, où l'on trouvait déjà Jacob Elordi, ovni qui a engendré une shitstorm ahurissante confinant à l'acharnement - tempête de controverses futiles et d'opinions violentes - sur les réseaux sociaux. 

Clairement, cette réalisatrice se fiche d'être aimée, son style est très singulier, son goût pour l'anachronisme très appuyé, son refus des bienséances limpide. Elle assume. Et ose même, ultime provocation de la part de celle qui cultive un humour trash, et un goût prononcé pour le décalage (dans Promising Young Woman, cela passait par une BO hyper girly, contrepoint d'une œuvre très acerbe), transposer à l'écran un synonyme de classicisme : œuvre à costumes, monument du patrimoine, ou plutôt matrimoine, littéraire, bouquin vénéré au-delà du possible par les érudits. 

Qui c'est une évidence n'aimeront vraiment pas Hurlevent, donc, sa BO hyperpop épique à souhait, son duo, des choix de casting très tôt contestés, ses décisions narratives très libres, prises pour de la trahison pure et simple du matériau d'origine. Mais donc, pour Grazia, cela va encore plus loin : on tutoie là un gender gap, un écart de perception en fonction du genre. 

"Les critiques sont tombées, et Wuthering Heights d'Emerald Fennell a été éreinté par certains critiques. Ne vous laissez pas décourager, écrit @hanna_woodside de Grazia. « C'est un film pour tous ceux qui veulent profiter de 2h16 d'évasion et de fantaisie débridées, un véritable régal pour les yeux. Très stylisé, volontairement provocateur, avec une pointe d'ironie par moments. C'est divertissant. C'est exactement ce que j'ai envie de voir – et je soupçonne que beaucoup de cinéphiles aussi – lors d'un week-end pluvieux de février. »", énonce à ce titre la revue dans cette chronique.

Ce sur quoi insiste la revue, c'est l'incompréhension de la critique face à ce que le film proposerait réellement. Son ton, sa stylisation poussée jusqu'au burlesque, mais aussi son second degré, bien présent. Son côté échevelé, too much, que d'aucuns considèrent comme ridicule, alors que l'outrance est souhaitée et posée en poing d'honneur. Comme dans les compositions musicales de charli xcx par ailleurs, qui s'est amusée à composer une entière bande originale, épique à souhait, à l'unisson de ses hymnes hyperpop pour "party girls".

Hurlevent sera-t-il le film réévalué de demain, l'oeuvre culte incomprise que la critique s'est réjouie de détruire... Pour que le public l'accueille ou le réhabilite un jour avec beaucoup plus de clémence ? Cela, l'avenir nous le dira. On a néanmoins l'intuition que cette adaptation malaimée vive un tel destin.

Par Clément Arbrun | Journaliste
Passionné par les sujets de société et la culture, Clément Arbrun est journaliste pour le site Terrafemina depuis 2019.
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