"J'ai eu le malheur de mettre une photo où j'étais en culotte, où je me cachais, mais quand bien même", se souvient Emma Bojan. Lors d'une interview accordée à Clique, l'émission de Mouloud Achour sur Canal+, l'humoriste s'est confiée sur le cyberharcèlement qu'elle subit sur les réseaux sociaux. "Après quand on te dit que t'es une pute tu te mets en colère" ou encore "On touche le fond", peut-on lire en commentaire de sa photo. "Toutes les réactions d'hommes, c'est ce qui est écrit là, c'est des insultes, des menaces, des trucs hyper-violents", ajoute-t-elle.
Bien sûr, le courage de ces cyberharceleurs est aux abonnés absent. "Surtout, c'est que des gens qui cachent leur profil, leur visage", note Mouloud Achour. "Oui bien sûr", répond Emma Bojan. La chroniqueuse de France Inter note toutefois "dans le lot, il y en a pas mal qui me follow, qui me suivent encore. C'est trop bizarre, c'est très schizophrénique comme comportement."
Si l'humoriste de 25 ans souligne "la différence entre les commentaires des hommes et les commentaires des femmes", elle regrette toutefois les réactions maladroites de certaines. "J'ai posté cette story et j'ai reçu dans la foulée, des messages de femmes, qui m'ont dit : "Coucou, est-ce que tu as fait exprès d'appuyer sur story ?" C'était juste préventif, mais même ça, ça m'a gavé. Donc pour vous, c'est forcément une erreur si j'ai envie de faire des vannes et de montrer mes seins."
Comme forcée de se justifier, Emma Bojan explique : "Il y a des moments où je me sens vraiment fraîche, j'ai envie de me sentir bien. Ça, ça fait partie de ce processus là et ça m'appartient et mon image et mon corps m'appartiennent."
"Il y a des gens qui m'ont dit que c'était presque de la pédocriminalité parce qu'il y avait peut-être des enfants sur les réseaux sociaux, comme si c'était ma responsabilité que des mineurs s'inscrivent. J'ai une espèce de triple peine, où tout vient sur moi, enfin sur les femmes en général et tout est la faute des femmes."
Interrogée à ses côtés, Manon Lanza, créatrice de contenu spécialisée dans les contenus de glisse réagit en indiquant que, loin de la décourager, tout ce sexisme la pousse à vouloir "embarquer encore plus de femmes" avec elle. "Fais ce qui te fait vibrer. Il n'y a que ça qui compte finalement, dans le fond.