Un harcèlement en ligne qui dure et qui a encore du mal à se calmer.
En 2021, la streameuse Ultia dénonçait le comportement sexiste d’un participant au ZEvent, un événement caritatif annuel de trois jours créé en 2016 et réunissant des streameurs francophones dans le but de récolter des fonds pour des associations. Un discours qui lui a valu une vague de harcèlement en ligne, qui ne se calme pas même cinq ans plus tard.
Invitée à une table ronde organisée au Sénat par la délégation des droits aux femmes, la streameuse a pris la parole en présence d’autres streameuses, de journalistes et de professionnelles du secteur pour dénoncer le cyberharcèlement dont elle est encore victime au quotidien. Pour dresser un constat affligeant : si le streaming est devenu un véritable espace de travail et de carrière, il reste un milieu gangréné et structuré par les violences sexistes, racistes et économiques qui freinent, voire brisent les carrières des femmes.
“Je suis Ultia je suis streameuse depuis 2017 et c’est mon métier depuis 2020, commence-t-elle, indiquant qu’elle ne voulait pas que cette activité devienne son métier à l’origine. Au ZEvent 2021, il y a eu un tournant dans ma carrière puisque j’ai dénoncé une situation sexiste qui avait eu lieu sur place. (...) C’est quelque chose qui m’a valu des années de harcèlement qui ont du mal encore aujourd’hui à se calmer”, ajoutant que les vagues de harcèlement ne se sont calmées que “quand un homme a pris la parole”.
Après un an de harcèlement quotidien et ne se sentant plus du tout à sa place dans les événements d’autres streameurs, la jeune femme de 30 ans raconte avoir porté plainte en 2022, ne sachant plus quoi faire. “C’est vrai que c’était des démarches administratives extrêmement longues, lourdes, fatiguantes et parfois avec très très peu de logique”, détaille-t-elle. Depuis, trois personnes ont été condamnées.
“Je pense qu’on n’en est plus au stade où il faut faire de la modération et proposer des outils pour éviter le sexisme en ligne sur les plateformes, continue-t-elle. Ça, c’est un pansement, et le pansement ne vient pas annihiler le sexisme ou toute autre forme de discrimination.” Il reste beaucoup de travail...