Clémentine Célarié, plus libre et inspirante que jamais à bientôt 70 ans, était des plus éloquentes sur les ondes de RTL : toujours aussi fidèle à ses convictions, décomplexée et sans filtre, elle s'est confiée sur la complexité de la vie quand on est une femme sexa. Une femme tout court ?...
C'est le cas de le dire, oui. La comédienne, révélation incandescente des années 80 (sous le regard du regretté Jean-Jacques Beinex, notamment), figure phare des mouvements sociaux les plus emblématiques de l'époque (Sida, cultures LGBTQ), emblème de liberté, et de sensualité, est encore sur le front lorsqu'il s'agit de dénoncer le sexisme systémique, les saillies dont font l'objet les femmes plus âgées que leur compagnon (c'est son cas), l'âgisme...
Et sur les ondes de RTL donc, c'est encore un autre mantra qu'elle valorise : l'appel à la désobéissance. Ou plutôt, l'appel à envoyer valser les injonctions et pressions sociales dont les hommes, certes, mais surtout les femmes, sont victimes, au quotidien. Et l'actrice iconique d'ériger un véritable manifeste.
On l'écoute ?
Clémentine Célarié est solaire et libre, plus que jamais, à bientôt 70 ans. Elle prône des valeurs émancipatrices et défend ce qui l'a toujours portée, la fierté d'être soi-même dans une société qui stigmatise et silencie - les femmes, les personnes queer, les personnes séropositives.
La voilà donc qui entonne, avec éloquence : "On fait trop ceci, on fait trop cela, en tout cas c'est ce que nous répète tout le temps, qu'on est toujours de trop, on attend trop de la vie, on est jamais assez ceci, jamais assez cela... Pitié ! Je le dis aux jeunes femmes : n'écoutez pas tout ça".
"Avancez dans la vie. Tout est compliqué. Etre comédienne c'est compliqué, être femme, même être homme..." , poursuit-elle sur le même ton, fédérateur. On reconnaît là de nombreuses prises de parole militantes, qui évoquent notamment certains textes de Lauren Bastide. On y retrouve la même saveur salvatrice. Et sororale !
"L'âge est merveilleux car on se façonne. On comprend ce qui nous intéresse ou pas. Avancer, c'est compliqué, être, vivre, c'est compliqué. Façonner quelque chose, ça a un prix, mais tant pis ! Arrêtons de reprocher aux gens de trop faire. Si on vous emmerde avec ça, n'obéissez pas ! Il faut faire trop."
Clémentine Célarié est de celles qui parlent. Et qui osent. Récemment encore, elle fustigeait ce que subissent les femmes considérées comme "cougars" ou "MILFs", "mangeuses d'hommes", en couple avec des hommes plus jeunes. Ce n'est pas à Leonardo Dicaprio que l'on attribuerait de tels qualificatifs, lui qui voue une passion de quinqua aux femmes de vingt ans - et le plus souvent des mannequins russes.
"Il y a un truc que je trouve très, très dur, vraiment dégueulasse et injuste, c'est la relation amoureuse que ne peut pas avoir une femme de 60 ans ou 67 ans avec un homme qui a trente ans de moins qu'elle. J'y vois un vrai mépris. C'est moche. Je trouve ça laid. Je suis amoureuse d'un homme qui a 50 ans et il fait plus jeune. Ça, c'est un truc qui est très dur. Ça me pose un problème. Je sens dans le regard des gens", développe Clémentine Célarié auprès de Mesdames Média.
CQFD. Merci encore à Clémentine Célarié pour son franc-parler.