Estelle Denis dénonce en direct à la télévision, dans son émission Estelle Midi, sur RMC, les remarques sexistes et misogynes, si régulières et si peu originales soit-dit en passant, dont elle a été victime, notamment pour tout ce a trait à la "promotion canapé", mythe patriarcal selon lequel les femmes qui réussissent le font forcément en couchant avec des hommes de pouvoir. Et pas via leur talent ou leur détermination, cela va de soi.
Oh, l'expression est connue dans le jargon hexagonal, elle a même donné lieu à une comédie bien scabreuse avec Thierry Lhermitte. Sauf que voilà, près d'une décennie après les balbutiements de #MeToo, c'en est trop : il est grand temps de dénoncer ces billevesées sexistes. Ce à quoi s'applique justement la célèbre journaliste, qui témoigne de sa propre expérience : "Moi, sur les réseaux sociaux, on ne cesse de me rabaisser".
Et de poursuivre sur le même ton, tristement lucide : "On me dit tout le temps, et vous ça ne vous arrivera jamais, “ah, elle a dû coucher avec machin... On ne t’a jamais dit que tu avais couché avec le patron. Hé bien nous, c'est sans arrêt. Tu interviews quelqu’un, c’est “elle a dû coucher avec”
Estelle Denis épingle ce sexisme qui hier s'énonçait parmi les présentateurs et producteurs, et aujourd'hui se banalise d'autant plus sur la Toile. C'est un système entier qui est à revoir, a-t-elle dénoncé avec justesse dans son émission Estelle Midi, sur le plateau de RMC, aux côtés de collègues tous masculins, vraisemblablement surpris.
Avec la même éloquence, l'animatrice télé poursuit : "Et ça ce n’est pas possible. Et encore une fois, jamais vous n’avez d’attaques de ce type sur les réseaux sociaux. Nous, bon bien sûr on se fait aussi attaquer parce qu’on est trop ceci, pas assez cela. Mais en plus, on a ce fardeau, entre guillemets, de notre genre. Et c’est ça aussi, le masculinisme, c’est de toujours te ramener à cette condition-là"
Il faut dire que les violences genrées, émises à l'encontre des femmes, se sont exacerbées dans une société de plus en plus minée par le masculinisme, justement, et le cyber-harcèlement, récemment dénoncée d'ailleurs par l'ex-Ministre de l'égalité femmes/hommes, Marlène Schiappa. Laquelle dénonçait tout ce dont, à son tour, elle est victime en ligne : montages hyper sexualisants, remarques libidineuses, menaces de mort, menaces de viol.
Accablant, mais est-on réellement surpris hélas ? C'est aussi là ce que subissent de trop nombreuses femmes anonymes, par-delà les personnalités, qui en outre subissent une misogynie qui s'exerce à les silencier pour ce qu'elles représentent : des femmes de pouvoir et d'influence, dont la légitimé est sans cesse contestée.