L’affaire Jean-Marc Morandini prend (encore) de l’ampleur. Oui, c’est possible.
Condamné pour “corruption de mineurs” (envers trois adolescents) et pour “harcèlement sexuel et travail dissimulé”, la star de CNews est visée par une nouvelle plainte déposée le 4 février dans le nord de la France. Selon Mediapart, Simon accuse l’animateur, toujours en poste, de “tentative de corruption de mineur”.
Aux policiers, le jeune homme a raconté une histoire similaire à celle des autres victimes de Jean-Marc Morandini : des messages à caractère sexuel, des demandes de photos intimes… alors qu’il n’avait pas encore 18 ans et que l’animateur le savait parfaitement. Selon sa plainte, tout a commencé en 2012, lorsqu’il n’avait que 17 ans.Après une première prise de contact sur Twitter, Jean-Marc Morandini lui aurait “directement dit” qu’il avait “l’air jeune”, encore plus jeune, autour de “14, 15 ans”.
Au départ, Simon affirme l’avoir contacté pour des raisons professionnelles. Mais le ton aurait vite changé. “La demande de photos était insistante, cela plusieurs fois par semaine, peut-on lire dans la plainte consultée par Mediapart. Par la suite, il a commencé à me demander des photos dénudées. Il me demandait cela plusieurs fois par jour avec insistance si je ne répondais pas.”
Par messages, Jean-Marc Morandini lui aurait demandé “c’est quand les bisous en vrai”, tout en sachant qu’il n’était pas majeur. Mais qu’importe : l’animateur lui aurait écrit que “la majorité sexuelle en France est de 15 ans”. “En juillet 2012, il m’a envoyé un message un soir vers 23 h 30 en me disant ‘doucher, coucher, toucher’. C’est, selon lui, un programme du soir que je devais lui envoyer par photo. J’ai refusé d’envoyer les photos et il a répondu : ‘faut pas se dégonfler, les photos, les photos’”, a écrit Simon dans sa plainte.
Quelques mois plus tard, lorsque Simon a dépassé la majorité, les deux se seraient vus. “Lors de notre rencontre, j’ai trouvé que M. Morandini était très proche de moi, il était assez tactile. J’ai assisté à plusieurs émissions de lui sur Europe 1 et NRJ 12 ; j’ai senti beaucoup de regards sur moi de son équipe”, raconte Simon, qui évoque aussi “des allusions sexuelles”.
Ils ont continué à discuter “sporadiquement” avant que l’actualité n’amène le jeune homme au commissariat. “Rassuré” par les condamnations définitive de Jean-Marc Morandini, il explique à Mediapart savoir “que les faits sont prescrits”, mais vouloir “aider les éventuelles autres victimes à se manifester”. Comme beaucoup, Simon dit être “en colère de le voir maintenu à l’antenne de CNews”.
Car malgré les décisions de justice, Jean-Marc Morandini est toujours présent quotidiennement sur la chaîne. Lâché par plusieurs collègues (dont Sonia Mabrouk, Pascal Praud et Laurence Ferrari), il bénéficierait toujours du soutien de sa direction, contrairement à la promesse initiale de s’en séparer si les condamnations devenaient définitives. La chaîne, de son côté, “assume complètement”.
Dans les coulisses, ce serait la fuite de certains annonceurs mais aussi des invités politiques. Tandis que Jean-Marc Morandini a publié un mea culpa embarrassant. Sur X, il a affirmé qu’il “regrette profondément les paroles et les échanges écrits qui [lui] ont été reprochés et qui ont pu blesser”, et présente ses “excuses les plus sincères et les plus humbles”, tout en demandant une “seconde chance”…
Là où il y a de la gêne, il n’y a pas de plaisir, comme on dit.