Sur Instagram, les influenceuses dévoilent le sang de leurs règles

L'influenceuse Camille Aumont dévoile le sang de ses règles
L'influenceuse Camille Aumont dévoile le sang de ses règles
Puisqu'il est grand temps d'en finir avec le tabou des menstruations, douze influenceuses d'horizons différents dévoilent le sang de leurs règles sur Instagram. Un geste salutaire.
A lire aussi

Et si on affichait nos tabous, sans filtre ? C'est justement ce que viennent de faire 12 influenceuses. Sur Instagram, elles immortalisent leurs menstruations en photos et envoient ainsi valdinguer un ancestral sentiment de culpabilité. Le mot d'ordre ? Un simple hashtag : #RespectezNosRègles.

En l'état, des clichés apparemment minimalistes : de jeunes femmes portant sur elles une culotte blanche tachée de sang, et voilà tout. Mais c'est pourtant un geste considérable que celui de "montrer ce qui est généralement caché, passé sous silence", peut-on lire au fil des posts. Sous l'impulsion de l'ONG de solidarité internationale CARE France et du collectif féministe Les Nanas d'Paname (qui met en lumière "des parisiennes talentueuses et prescriptrices"), de nombreuses internautes à la communauté conséquente osent libérer la parole quant à ce qui, depuis trop longtemps instrumentalisé, est toujours source de fantasmes, de superstitions et de honte.

Respectez nos règles

Et si l'initiative est réjouissante, elle exprime également une colère sourde. Il y a quelques jours, on apprenait la mort tragique d'une collégienne, Jackline Chepngeno, au Kenya. La jeune fille de quatorze était arrivée en cours les vêtements tachés de sang, à cause de ses menstruations. Sa professeure l'avait alors humiliée et sortie de la salle, la considérant "trop sale". Désespérée, Jackline Chepngeno s'était suicidée. C'est à ce fait indigne que réagissent aujourd'hui les voix les plus influentes.

Comme l'artiste et humoriste Noémie de Lattre, la chanteuse Anaïs Delva, les militantes Camille Aumont Carnel (@jemenbatsleclito) et Justine Courtot (@sang.sations, le compte qui décomplexe les règles), mais également la mannequin Julie Robert et la sportive-entrepreneuse Kelly Bessis, pour ne citer qu'elles. Parce que le respect est en sévère pénurie dès qu'il s'agit d'évoquer les règles. Et que les conséquences de ce comportement peuvent être dramatiques.

"Nous en avons assez ! Nous voulons inciter toutes et tous à s'interroger sur les menstruations, ce phénomène naturel qui est toujours tabou. Nous dénonçons les impacts de ce tabou partout dans le monde : dans certains pays, les femmes et les filles sont considérées comme impures quand elles ont leurs règles, elles sont exclues socialement voire exilées de leur maison ; leur santé est mise en danger ; à la puberté, beaucoup arrêtent leur scolarité", s'insurge en ce sens le communiqué officiel de l'association international CARE France.

Face à cet état des lieux alarmant, il est plus que nécessaire de se réapproprier ce phénomène naturel. De renverser une forme de répression patriarcale. Et de démontrer, à grands coups de "ceci est mon sang", que "chaque femme est libre de représenter sa vie et de réinventer ce moment intime comme elle le souhaite".

Campagne Respectez nos règles

Ce n'est d'ailleurs pas la première fois qu'une tendance investit les réseaux sociaux afin de montrer ce rouge qu'il vaut mieux cacher. Le 15 juin dernier, le mot-clé #CaVaSaigner engendrait déjà son lot de publications libératrices en incitant les internautes à afficher sur leurs comptes respectifs leur sang "intime" afin de lutter contre la précarité menstruelle. Au gré des profils Instagram, photos et discours assuraient dès lors une forme de sororité aux nuances sanguines. Leurs corps, leurs règles...