En Angleterre, des formations autour du travail du sexe font grincer des dents

En Angleterre, des formations destinées aux étudiantes travailleuses du sexe
En Angleterre, des formations destinées aux étudiantes travailleuses du sexe
L'université de Durham, en Angleterre, propose des sessions de formations destinées à ses étudiant·e·s impliqué·e·s dans le travail du sexe, mais pas uniquement. Un moyen de leur offrir des conseils pour les protéger, qui ne fait pas l'unanimité.
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C'est un cours singulier qu'a lancé l'université de Durham, située dans le nord-est de l'Angleterre, la semaine du 8 novembre. Quelques heures dédiées au personnel et aux étudiant·e·s, organisées par le syndicat étudiant de l'établissement suite à la demande "d'un petit nombre d'élèves inquiets", qui proposent des conseils sur la manière de se protéger aux personnes impliquées dans l'industrie du sexe, rapporte la BBC.

Une annonce qui a suscité de vives réactions, notamment au sein du gouvernement britannique. La ministre de l'Enseignement supérieur, Michelle Donelan, a ainsi accusé la faculté de "légitimer une industrie dangereuse qui prospère sur l'exploitation des femmes".

"Normaliser le commerce du sexe"

"Je suis profondément préoccupée par le fait qu'une université puisse légitimer une industrie dangereuse qui prospère sur l'exploitation des femmes", a-t-elle déclaré. "Il est juste qu'un soutien vital soit offert aux femmes qui sont exploitées. Cependant, ce cours cherche à normaliser le commerce du sexe, ce qui n'a pas sa place dans nos universités".

Et d'ajouter que les étudiant·e·s confronté·e·s à des difficultés financières qui les mèneraient à la prostitution devraient être soutenu·e·s par leur établissement, précisant que l'Etat avait alloué 85 millions de livres supplémentaires aux universités pour y contribuer.

Ce à quoi un porte-parole de l'université de Durham a répliqué que la proposition avait été "mal interprétée" : "Nous ne cherchons absolument pas à encourager le travail du sexe, mais nous cherchons à fournir un soutien à nos étudiants".

Lutter contre la "stigmatisation sociale"

D'après l'université, l'intention n'était en aucun de promouvoir le travail du sexe, mais plutôt de s'assurer que la "stigmatisation sociale" n'empêchait pas les étudiants vulnérables d'accéder à un soutien. Jake Butler, du site web Save the Student, a quant à lui rétorqué que les allocations mentionnées par la ministre sont "terriblement insuffisantes pour couvrir le coût de la vie".

"Les étudiants sont obligés de s'en remettre à leurs parents, à des emplois à temps partiel, à leurs économies et à des moyens encore plus désespérés pour joindre les deux bouts", déplore-t-il.

Par ailleurs, le public cible de la formation était les personnes qui soutiennent les étudiants "afin qu'elles comprennent les préoccupations juridiques, de sécurité et de bien-être des étudiants et qu'elles sachent comment répondre aux révélations de manière sensible", a continué Jonah Graham, responsable du bien-être de l'Union des étudiants de Durham.

Et de marteler : "Toute personne qui se préoccupe de la sécurité des étudiants devrait soutenir cette formation et se renseigner sur son contenu réel avant de faire des commentaires mal avisés". A bon entendeur.