A quel âge je laisse mon enfant "sortir avec quelqu'un" ?

Quand dois-je laisser mon enfant "dater" en paix ?
Quand dois-je laisser mon enfant "dater" en paix ?
C'est la grande question qui obsède les parents : quand puis-je enfin laisser mon/mes enfant(s) fréquenter un·e petit·e ami·e ?
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"Y'a pas que les grands qui rêvent / Y'a pas que les grands qui ont des sentiments", dit la chanson. Mais justement, quand dois-je laisser mes enfants fricoter ? L'air de rien, cette interrogation a tout d'un grand dilemme existentiel, et vous imaginez bien que les réponses varient selon les parents.

Il y a ceux qui vont appuyer sur le bouton d'urgence, celui de la surprotection, et juger qu'il est toujours "trop tôt" pour laisser sortir son enfant. Et d'autres, qui au contraire, en leur ouvrant la porte, craindront d'être trop laxistes. Dans tous les cas, fuir la question est contre-productif : impossible d'échapper à l'incontournable premier rencard. Voilà pourquoi il est important de poser les choses à plat. Pas de panique, suivez le guide.

Le collège, un bon moment ?

L'amour du côté des kids.
L'amour du côté des kids.

Difficile de trouver un "âge idéal" pour LE premier rencard de votre enfant. L'on pourrait simplement se dire que c'est une question de sensibilité, de contexte, d'éducation également. En deux mots : de maturité. Et justement, ce sont ces éléments que met en exergue la psychothérapeute Kelley Kitley sur le site She Knows : la "maturité émotionnelle".

A écouter l'experte, le collège est le bon moment pour laisser vos kids vadrouiller vers leurs amours, main dans la main. A ce moment-là, en règle générale, leur expérience de la vie est déjà suffisante. Sans oublier leur sens (précoce) des responsabilités. L'important, ajoute à l'unisson la conseillère Heidi McBain, est avant tout de savoir si votre enfant est digne de confiance. S'il gère bien son temps libre, se rend à l'école à la bonne heure, adopte une attitude correcte lors des activités scolaires et en dehors, à la maison et face à ses profs, revient au foyer avant le couvre-feu.

Vous l'aurez deviné, l'âge "parfait" serait donc celui où vos enfants ont correctement saisi les notions essentielles de respect et de consentement - et le démontrent. Ce qui n'est jamais de trop lorsqu'il est question de fleurette. Oui, même lorsqu'il s'agit de premiers amours, apparemment candides. La bienveillance est essentielle et, à travers elle, la propension de l'enfant à gérer des sentiments positifs et négatifs, autant envers lui-même que pour celui ou celle qui suscite son attention. Ce qui nécessiterait évidemment quelques années d'apprentissage et de construction personnelle.

"Il est important que vos enfants acquièrent les compétences de base pour développer une relation", précise à ce titre Kelley Kitle. Un petit tête-à-tête pré-flirt n'a donc rien d'accessoire, suggère la psychothérapeute. Et cela reste la meilleure manière de constater si le moment est idéal - ou non.

"Chaque famille est différente"

Roulez jeunesse !
Roulez jeunesse !

"Chaque famille est différente", modère de son côté la conseillère Heidi McBain. Selon elle, "il est important en tant que parent de séparer ce que "tout le monde fait" et de se concentrer sur les valeurs et les attentes de votre famille pour votre enfant". En somme, il faut savoir jauger cette question de l'âge et des fréquentations selon vos propres exigences pour mieux définir les règles de base, ce qui n'est jamais évident. Sans forcément se baser sur la manière dont Monsieur Untel ou Madame Untel gère sa progéniture. Trouver un juste équilibre. Mais pas question de faire la sourde oreille pour autant. Ecouter l'enfant reste un facteur fondamental.

"J'encourage les parents avec qui je travaille à entretenir un dialogue ouvert et honnête", explique Kelley Kitley. La spécialiste soulève l'importance de discussions transparentes et complices sur l'amour et la sexualité. Cela permet non seulement de briser des tabous, mais également de saisir la façon dont votre enfant définit un "rencard" ou une "relation". Car oui, spoiler alert, vous n'êtes pas forcément sur la même longueur d'ondes. En papotant, vous pourrez alors exprimer plus facilement vos préoccupations et votre point de vue. D'ailleurs, l'âge idéal est certainement celui où ce genre de conversations est déjà possible. Si vous pensez qu'il est trop jeune (même au collège), vous pourrez dès lors lui dire pourquoi, une fois la discute bien entamée.

A l'inverse, pas question de rester motus et bouche cousue, ce qui ne ferait que susciter sa perplexité - ou sa frustration, voire même sa colère. Au risque de diaboliser les rencards. Ce qui n'est pas l'idée du siècle, avouons-le. Conférer à un sujet un caractère interdit n'est jamais bénéfique pour personne. C'est ainsi que s'alimentent les non-dits et la honte. Si vous ne l'autorisez pas à sortir, "il est important de lui faire comprendre la raison, pour que votre enfant ne considère pas les rencontres comme une 'mauvaise chose'", analyse Kelley Kitley. Et qu'il saisisse en cas de "non" qu'il ne s'agit pas juste d'une punition comme une autre.

Partager son expérience

La question du premier "rencard" est cruciale chez les parents. Dès lors qu'il ou elle pousse la porte, on se dit que l'enfant est déjà indépendant·e., en quelque sorte - et c'est en partie vrai. Mais elle ne doit pas non plus provoquer des angoisses surdimensionnés. L'important par-delà l'âge reste de comprendre la portée dudit rendez-vous. S'agit-il d'un événement organisé par l'établissement scolaire ? D'une rencontre entre camarades de classe ? Ou entre voisins ?

La psychologue Julia Simens recommande à ce titre "d'examiner chaque situation et de décider si elle convient". Porter un regard juste - et une oreille attentive - à vos enfants sans pour autant renier l'autorité qui est la vôtre permet de conférer à l'expérience du premier date un attrait positif bienvenu. Sans pression ni jugement. Adéquat pour un micro-événement un brin initiatique qui pourrait apporter à vos kids "des compétences en communication et en écoute active". Ou de l'importance des premiers rencards dans le cadre du développement personnel...

"De nombreux enfants ne viennent pas naturellement vers leurs parents, en grande partie par peur de la critique. Faites donc de votre mieux pour créer une zone sans jugement où ils se sentent en sécurité", achève avec lucidité Heidi McBain. L'espace d'où émerge le "oui" ou le "non" des parents doit être une zone de confort. D'autant plus, précise la spécialiste, lorsque votre enfant sort avec un·e camarade du même sexe. Dans ce cas-là, il convient de l'aider à se préparer "au cas où quelqu'un lui ferait un commentaire blessant". Et c'est précisément là que votre expérience d'adulte intervient.

Lui partager vos connaissances, votre vécu et les conseils qui en résultent - sans pour autant faire vriller le dialogue vers le mélodrame - ne peut qu'être une bonne chose. Et un premier pas, protecteur sans l'être trop, vers ce fameux "rencard" tant redouté - et tant attendu à la fois.