Ces femmes mormones s'indignent contre les sous-vêtements "sacrés"

Ces femmes mormones s'indignent contre les sous-vêtements sacrés
Ces femmes mormones s'indignent contre les sous-vêtements sacrés
Les "vêtements du temple", qui consistent en un t-shirt et un short près du corps, ont été instaurés au XIXe siècle, et sont portés par les fidèles de l'Eglise mormone en témoignage de leur dévotion. Seulement, à lire les femmes concernées, ils seraient aussi source d'irritation et d'infection.
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"Ourlets qui démangent, coutures bouffantes, ceintures qui pincent le ventre et même infections urinaires", c'est ainsi que le New York Times décrit le quotidien de nombreux·se·s croyant·e·s de l'Eglise de Jésus-Christ des saints des derniers jours, aussi connue comme l'Eglise mormone. Et surtout, celui des femmes.

La raison de ces maux, expliquent ces dernières sur les réseaux sociaux depuis quelques mois, vient des "vêtements du temple". Un ensemble composé d'un t-shirt et d'un short descendant jusqu'aux genoux, souvent confectionnés dans un tissu synthétique ultra-moulant et vendu à bas pris par l'église, que les membres portent la plupart du temps jour et nuit sous leurs habits. Une tradition "sacrée" qui laisse peu de place à la respiration de la peau, et finit par causer des problèmes gynécologiques préoccupants.

"Ces habits sont sacrés", reconnaît ainsi une internaute. "Mais ça reste des sous-vêtements". Et à les écouter, il est grand temps de les faire évoluer.

"Ces vêtements ne me rapprochent pas du Christ, ils me donnent des infections urinaires"

Sasha Piton est l'une des voix qui demandent à ce que ces pièces soient révisées. Elle en a elle-même fait les frais lors d'une randonnée près de chez elle, dans l'Idaho, alors que l'exercice combiné au textile a provoqué une sévère irritation au niveau de son aine. Elle a alors décidé de ne plus les porter pendant l'activité physique, et s'en est parfois affranchie la nuit. Une révélation physique - celle de ne plus sentir d'inconfort - qui l'a encouragée à mener une petite révolution.

Sur son compte Instagram, @themormonhippie, où elle discute culture de l'Eglise, elle a adressé quelques suggestions au président, Russell M. Nelson, âgé de 96 ans. "Nous voulons vraiment un tissu doux comme du beurre, sans couture, avec une ceinture épaisse qui ne coupe pas ma rate, et un tissu respirant", énumère-t-elle. "Mon vagin doit respirer !" Et invite ses abonnées à le contacter à leur tour.

Sa prise de parole fédère et pour cause, peu osaient aborder le problème jusque-là. Par ailleurs, elle insiste sur un point : elle veut pas se débarrasser du rituel en lui-même, mais le rendre plus sûr et adapté pour celles qui s'y adonnent. "Je ne mène pas de 'rébellion' mais je mène un mouvement pour espérer quelque chose de plus confortable à porter...Et pour que les femmes se sentent plus conscientes de notre Divinité et de la force de nos voix !", signe-t-elle en ligne.

"Les gens ont peur d'être brutalement honnêtes et de dire : ça ne marche pas pour moi. Ça ne me rapproche pas du Christ, mais ça me donne des infections urinaires", déplore également Lindsay Perez, 24 ans, auprès du Times.

Des inquiétudes que soulève aussi Kellie Woodfield, gynécologue mormone de l'Utah, qui affirme que les "vêtements du temple" sont peu recommandés en cas de soucis gynécologiques, qu'ils soient synthétiques ou en coton. Elle épingle également : "ce débat autour des vêtements en dit long sur les luttes et les problèmes des femmes, face aux traditions patriarcales".

Un sujet essentiel qui, malheureusement, n'a pas encore l'air de trouver grâce aux yeux des dirigeants du culte. Contactés par le New York Times sur le sujet, l'Eglise s'est contentée de renvoyer les journalistes vers une vidéo l'importance de l'accoutrement.