Les start-ups montées par des femmes moins financées que celles des hommes

Les start-ups montées par des femmes moins financées que celles des hommes
Les start-ups montées par des femmes moins financées que celles des hommes
Une étude américaine a démontré que les start-ups dirigées par les femmes n'auraient touché que 2 % des financements levés par cette catégorie. Les start-ups fondées par des hommes, eux, auraient touché 89 % - le reste ayant été reversé à des jeunes entreprises mixtes.
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Dans le monde de l'entreprise, les inégalités hommes-femmes se portent à merveille. Notamment auprès des jeunes générations d'entrepreneur·es. Et les start-ups, dont la croissance dépend des fonds d'investissements, ne sont certainement pas épargnées. Une étude du Boston Consulting Group (BCG) basée sur un échantillon de 15 000 start-ups révèle ainsi que depuis 2008, les boîtes fondées exclusivement par des femmes auraient touché 2 % du montant total levé par la catégorie, contre 89 % pour celles exclusivement dirigées par des hommes, rapporte BFM. Soit en moyenne 2,5 fois moins de fonds que pour leurs homologues masculins.

Pour ce qui est des 10 % restants, ils ont été attribués à des entreprises mixtes. "Les écarts sont encore plus grands si l'on se concentre sur les principaux investisseurs, ceux qui émettent les plus gros tickets", assure Jessica Apotheker, directrice associée de BCG à La Tribune. Ce qui explique qu'aucune entreprise française uniquement composée de femmes ne soit arrivée en troisième tour d'investissement, précise le média.

Le problème d'après le rapport ? Le manque de femmes à la source de ces financements. "Parmi les principaux fonds d'investissement, plus de la moitié ne comptent aucune femme parmi leurs associés", constate le BCG. Pire, les questions lors de la présentation du projet ont souvent tendance à changer d'un genre à l'autre.

Valentine de Lasteyrie, secrétaire générale de Sista , un collectif pour la mixité au sein de l'entrepreneuriat, et associée du fond Fiblac, affirme que l'on demande ainsi toujours aux hommes d'exposer "leurs scénarios de succès, et toujours aux femmes de parler des risques d'échecs". Une différence de taille qui témoigne du peu de confiance que l'on accorde encore aux entrepreneures - et qui joue sans aucun doute en leur défaveur.

Une charte pour inverser la tendance

C'est donc pour pallier ces inégalités criantes que Sista a décidé d'agir, en mettant en place une charte de bonne conduite destinée aux fonds d'investissement. "Il s'agit d'une boîte à outils de bonnes pratiques pour dépasser les biais inconscients", explique la femme d'affaires pour qui "la décision de ne pas investir dans les start-ups fondées par des équipes de femmes est irrationnelle". Des outils qu'elle s'applique d'abord à elle-même, confie-t-elle à La Tribune : "Après chaque réunion avec une start-up, on se pose la question du genre : 'aurait-on posé les mêmes questions à un homme ?' Il n'y a pas de recette miracle, mais c'est un premier pas."

Cette charte aurait déjà été signée par une trentaine de fonds français et devrait être "présentée le 24 septembre à Bercy", souligne-t-elle. Et de conseiller : "Il faut parler du genre, dans les réunions et même aux pauses cafés, pour en faire un sujet incontournable". Il serait temps.