Pourquoi des militantes féministes attaquent Miss France en justice

Pourquoi des militantes féministes attaquent Miss France en justice
Pourquoi des militantes féministes attaquent Miss France en justice
L'association Osez le féminisme, accompagnée de trois femmes ayant été recalées du concours de beauté car elles ne correspondaient pas à ses prérequis, attaquent Miss France devant les prud'hommes pour "sexisme" et caractère "discriminatoire".
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Quelles sont les conditions pour participer à Miss France ? Mesurer plus d'1,70 m, être célibataire et être "représentative de la beauté", quelle qu'en soit la définition forcément réductrice. Mais aussi, n'avoir aucun tatouage ni piercing, et ne pas être vue en train de fumer en public. Des critères que l'association Osez le féminisme juge "sexistes" et "discriminatoires".

Pour l'organisation, Endemol, la société de production de l'émission diffusée chaque mois de décembre sur TF1, "utilise des femmes pour fabriquer un programme audiovisuel extrêmement lucratif tout en bafouant le droit du travail". Le texte légal stipule effectivement que tout critère lié "aux moeurs, à l'âge, à la situation de famille ou à l'apparence physique" est interdit dans un recrutement, précise l'avocate Me Violaine De Filippis-Abate auprès de l'AFP.

Une brèche dans laquelle les militantes ont décidé de s'engouffrer, afin de traîner le concours de beauté devant les prud'hommes, insistant sur son "impact négatif et rétrograde sur l'ensemble de la société".

Une "caricature archaïque"

S'il y a peu de chance qu'une décision soit rendue d'ici la prochaine émission, prévue le 11 décembre, ces accusations ne sont pas les premières émanant des rangs féministes à faire trembler le show.

Elles font par ailleurs écho aux conclusions du Haut conseil à l'Egalité entre les femmes et les hommes, instance consultative indépendante française placée auprès du Premier ministre, qui estimait en 2019 que Miss France n'était autre qu'une "caricature archaïque". En ligne de mire de l'organisme : la façon dont le comité exige des femmes qu'elles n'aient pas d'enfants et n'aient jamais été mariées.

Un constat que réfute la nouvelle présidente de la société, Alexia Laroche-Joubert, qui affirme au Parisien qu'il s'agit bel et bien d'un "programme féministe", arguant que le "concours donne l'occasion à des femmes de tous les milieux sociaux, de toutes les régions de France de vivre des choses incroyables."

De tous les milieux sociaux et de toutes les régions de France, pourvues qu'elles soient grandes, minces, cisgenres, jeunes, "belles" selon Alain Delon ou Laeticia Hallyday, ex-président·e·s du jury, et n'aient pas eu l'audace de devenir mère avant de postuler.