Les ours polaires pourraient disparaître d'ici à 2100

Ours polaire en Norvège
Ours polaire en Norvège
Les ours polaires pourraient totalement disparaître d'ici à la fin du siècle. Telles sont les conclusions d'une nouvelle étude scientifique qui alerte sur les conséquences du réchauffement climatique pour ces mammifères emblématiques.
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Etude après étude, le même constat : le réchauffement climatique est en train de ravager le vivant. Selon une nouvelle étude scientifique publiée ce lundi dans dans le journal Nature Climate Change, les ours polaires pourraient disparaître d'ici 2100, conséquence de la fonte des glaces dans l'Arctique.

Près des 19 sous-populations des ours polaires, réparties au Canada, en Alaska, en Sibérie, au Svalbard et au Groënland, pourraient ainsi être décimées car cette fonte glaciaire poussera les animaux vers les terres, ce qui les couperait de leur nourriture quotidienne (les phoques notamment) pendant de longues périodes, révèlent les chercheurs. Cette diète prolongée et un allaitement réduit des oursons mèneraient au déclin rapide des espèces, mettant à mal tant la reproduction que la survie des plantigrades.

Les femelles seraient particulièrement vulnérables car elle ont pour habitude de se terrer à l'automne pour mettre bas au coeur de l'hiver et ressortir au printemps avec leurs bébés. "Elles doivent alors attraper assez de phoques pour stocker suffisamment de gras et produire suffisamment de lait pour nourrir leurs petits pendant tout le jeûne de l'été", explique Steven Amstrup, l'un des auteurs de l'étude et scientifique en chef de l'ONG Polar Bears International à l'AFP. "En estimant le poids maximal et minimal des ours et en modélisant leur dépense énergétique, nous avons calculé le nombre limite de jours de jeûne que peut supporter un ours polaire avant que le taux de survie des adultes et des petits commence à décliner", ajoute Peter K. Molar, chercheur à l'université de Toronto Scarborough, à la tête de cette étude.

Une ourse et ses oursons au Wapusk National Park, Canada
Une ourse et ses oursons au Wapusk National Park, Canada

"Il y a très peu de chances pour que les ours polaires survivent ailleurs dans le monde, à l'exception près du très haut Arctique et en petite sous-population" si les émissions de gaz à effet de serre se maintenaient au niveau actuel, souligne Peter K Molar.

Et il serait même déjà trop tard pour inverser le cours de cette issue fatale : car même si les émissions se voyaient réduites à des niveaux plus modérés, "nous allons malheureusement en perdre, spécialement les populations les plus au sud, à cause de la fonte des glaces", insiste-t-il, pessimiste.

L'ours est devenu "la figure emblématique du changement climatique", souligne le chercheur. "Les ours polaires sont assis tout au sommet du monde. Si la glace disparaît, ils n'auront plus d'endroit où aller."

Les ours polaires font partie des espèces classées comme "vulnérables" par l'International Union for Conservation of Nature (IUCN). Et le changement climatique serait le facteur-clé de leur déclin. Selon les estimations, 25 000 ours seraient actuellement dans l'Arctique et menacés par le déclin progressif de la banquise, qui a fondu de 13% par décennie depuis les premiers enregistrements par satellite à la fin des années 70.

Cette nouvelle étude catastrophique est "un nouveau rappel que nous devons agir maintenant pour endiguer les pires scénarios qui se dressent devant nous", avertit le Dr Amstrup auprès de la BBC. "La trajectoire sur laquelle nous sommes n'est pas la bonne, mais si la société entière s'y met et agit, nous avons le temps de sauver les ours polaires. Et si nous le faisons, cela bénéficiera au reste du vivant sur Terre, dont nous."