"La dame avec son gros derrière" : le sexisme d'une méthode de français choque

Le livre de lecture sexiste
Le livre de lecture sexiste
Eve Geddie a un fils en âge d'apprendre à lire. Sur Twitter, elle pointe du doigt une méthode de lecture qu'elle juge sexiste.
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Eve Geddie est Irlandaise, mais elle vit en Belgique pour le travail. Son fils est scolarisé sur place et doit donc apprendre le Français. Pour apprendre l'alphabet, le livre choisi par l'école ne plaît pas du tout à Eve Geddie.

Elle s'en est plainte sur son compte Twitter le 14 janvier en postant des photos du livre en question. Sur la première on peut lire : "La femme avec le gros derrière est dangereuse", accompagné d'une dessin d'une dame aux fesses disproportionnées pour faire comprendre la lettre "d".

Et elle n'est pas la seule lettre dans ce cas. On peut également trouver une "botte bavarde", une "Madame e qui réfléchit mais ne sait pas répondre" et une "Madame i [qui] adore danser en riant". Les femmes sont donc dangereuses avec leur gros derrière, sont bavardes et ne savent pas répondre.

Eve Geddie s'en émeut : "C'est ainsi que l'on enseigne la lettre D à mon fils à l'école, 'la dame au gros derrière'. D'autres femmes de la pièce sont soit ignorante, soit dansante".

Son fils a eu droit a un petit discours sur l'égalité en rentrant de l'école : "C'est l'heure de la discussion mère-fils sur la lutte des hommes pour créer d'authentiques personnages féminins."

Cette image est tirée d'une méthode de lecture créée il y a vingt ans et qui sert de base à de nombreux livres d'apprentissage : les alphas. Elle se base sur des lettres en petits personnages.

Le lendemain, le 15 janvier, elle poste des alternatives à ces personnages sexistes et grossophobes : "Aimeriez-vous voir Auderghem [ville de la périphérie de Bruxelles] prendre l'initiative de développer des femmes plus positives dans les #lesalphas ? Mme D. pourrait être docteur (avec son sac de docteur), Mme I. a de brillantes idées et Mme E. est une excellente ingénieur [engineer en anglais]. Ma fille sera en CP en 2020, ça m'attriste qu'elle apprenne ça."

Une personne qui la suit a simplement répondu : "C'est le système d'enseignement primaire francophone en Belgique qui utilise le bodyshaming des femmes pour enseigner la lecture. C'est choquant et honteux. Je vous en prie, corrigez cette situation. Je vous remercie".