Des "taxis sécurisés" pour venir en aide aux femmes victimes de violences conjugales

Des "taxis sécurisés" pour venir en aide aux femmes victimes de violences conjugales
Des "taxis sécurisés" pour venir en aide aux femmes victimes de violences conjugales
Le dispositif mis en place par le département de l'Indre escorte les victimes de violences conjugales hors de leur domicile, pour les conduire dans des centres d'hébergements parfois trop éloignés.
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Le concept est expérimenté depuis plus d'un an déjà dans le département de l'Indre. En avril 2019, les "taxis sécurisés" ont ainsi commencé à venir en aide aux victimes de violences conjugales, en les conduisant de leur domicile jusqu'à un lieu sûr, ou à un centre d'hébergement dédié.

Des trajets d'abord organisés en milieu rural, où les transports en commun sont plus rares, et la décision pour les femmes battues de quitter leur foyer potentiellement soumise à davantage de questions logistiques. "L'idée de départ était de prendre en charge les femmes qui vivent dans des zones rurales car ce sont les plus éloignées des hébergements d'urgence", explique également Valérie Durand, déléguée aux droits des femmes du département de l'Indre, à France 3 Centre-Val de Loire. "Chaque déplacement est assuré par deux personnes qui ont été spécialement formées à la prise en charge de femmes victimes de violence"

Aujourd'hui, le dispositif va s'étendre aux zones urbaines de la région, rapporte le média, notamment à Châteauroux.

Une action en trois étapes

L'intervention se déroule ainsi : la victime, un·e membre d'association ou les forces de l'ordre joignent le 115 (numéro d'urgence sociale) pour rapporter les faits de violences conjugales. Au bout du fil, on évalue la situation et propose un "taxi sécurisé" (la société 2ailes sécurité est conventionnée pour ces courses) afin de permettre un déplacement jusqu'à un centre d'hébergement d'urgence si nécessaire.

Ensuite, la police, si elle n'est pas à l'origine de l'appel, est contactée. Valérie Durand rappelle que "dans la majorité des cas l'auteur des violences est toujours sur place", le procédé doit donc être "sécurisé". Enfin, la victime est amenée jusqu'au centre d'hébergement ou dans un hôtel conventionné. Elle sera ensuite accueillie par le service Accueil écoute 36, qui s'occupe des femmes ayant subi des violences à une échelle départementale.

Des résultats encourageants

Depuis la mise en place de ce dispositif, 16 femmes et enfants ont été secouru·e·s. Danaé Morin, membre de Solidarité accueil (une association qui oeuvre pour la réinsertion des personnes ou familles en difficultés sociales et/ou professionnelles), souligne sa réussite : "Il est efficace dans la rapidité d'intervention et les femmes secourues ont été satisfaites de ce service".

Auprès de France 3, elle évoque cependant qu'il reste à créer un suivi solide sur le long terme, et davantage de solutions post-intervention, comme d'autres centres d'hébergements. Et surtout, faire connaître, et ce le plus vite possible, les numéros à composer dans ces situations. Le 115, mais aussi le 3919, numéro d'écoute national dédié aux femmes victimes de violences.

En France, depuis le début de l'année, 73 féminicides ont déjà été recensés. Soixante-treize de trop.

- Si vous êtes victime ou témoin de violences conjugales, appelez le 3919. Ce numéro d'écoute national est destiné aux femmes victimes de violences, à leur entourage et aux professionnels concernés. Cet appel est anonyme et gratuit.

- En cas de danger immédiat, appelez la police, la gendarmerie ou les pompiers en composant le 17 ou le 18.