Voilà pourquoi avoir des filles fait des hommes de meilleurs managers

Voilà pourquoi les PDG qui sont père de filles managent de manière plus éthique
Voilà pourquoi les PDG qui sont père de filles managent de manière plus éthique
Être le père de filles ferait-il des PDG de meilleurs managers ? C'est ce qu'affirment deux chercheurs dans une récente étude relayée par la "Harvard Business Review".
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Les cadres supérieurs d'entreprises cotées en bourse ont beaucoup à apprendre de leurs filles : à leur contact, ils deviendraient de bien meilleurs managers, si l'on en croit une récente étude commentée par la Harvard Business Review et relayée en France par Slate.

Selon Henrik Cronqvist, de l'Université de Miami, et Frank Yu, de la China Europe International Business School, les entreprises dirigées par des PDG qui ont des filles seraient plus accueillantes envers leurs salariés.

Pour parvenir à cette conclusion, les deux chercheurs ont examiné les décisions prises par près de 400 chefs de grandes entreprises en matière de diversité, de bien-être au travail ou encore de respect de l'environnement.

Il s'est avéré que parmi les 379 chefs d'entreprise (dont seuls 3,7% de femmes) dont les méthodes managériales ont été étudiées à la loupe, les 12% les mieux notés sont ceux qui étaient parents de fille(s), des derniers prenant également davantage en considération le traitement des femmes, des minorités et des personnes handicapées au sein de leur société. Selon les deux chercheurs, leur note est encore meilleure si l'aîné des enfants est une fille.

"Avoir une femme semble rendre les cadres supérieures des sociétés cotées en bourse aux États-Unis plus doux, plus précisément en matière de responsabilité sociale, affirme au Washington Post Henrik Cronqvist. Ils semblent se soucier davantage de leurs salariés, et pas seulement de les actionnaires."

Avoir une fille rend plus ouvert

Comment expliquer que les cadres dirigeants étant père d'une ou plusieurs filles pratiquent un management plus éthique que les autres ? Les deux chercheurs expliquent que si les parents influencent leurs enfants, l'inverse est également vrai : les enfants ont un impact sur la pensée et les croyances de leurs parents. C'est ce qu'Henrik Cronqvist et Frank Yu appellent "l'hypothèse de socialisation féminine".


"Ce qui importe, ce n'est pas la naissance [de la fille, ndlr] en soi, mais l'accumulation d'expériences au fil du temps. L'âge médian des 500 chefs de direction de notre échantillon était de 57 ans, donc la plupart d'entre eux ont des enfants adultes. Ceux ayant des filles ont pu, par exemple, voir ces dernières victimes de discrimination sur le marché du travail, ce qui pourrait avoir un impact sur leur attitude au sujet de l'égalité."

Pour étayer leur propos, Henrik Cronqvist et Frank Yu se sont notamment référés à des études antérieures. L'une d'elles a ainsi montré que les membres du Congrès américain ayant des filles étaient plus susceptibles de voter à gauche, en particulier sur les questions de droits reproductifs. Une autre a mis en évidence que les juges fédéraux menaient une politique plus libérale s'ils étaient aussi le père d'une ou plusieurs filles.