Sin City 2 : les seins d’Eva Green censurés ou l’obsession américaine pour les tétons

Sin City 2 : les seins d’Eva Green censurés ou l’obsession américaine pour les tétons
Sin City 2 : les seins d’Eva Green censurés ou l’obsession américaine pour les tétons
Dans cette photo : Eva Green
La nouvelle affiche de « Sin City : j’ai tué pour elle » vient de se faire censurer par la MPAA, l’association représentant les studios d’Hollywood. Selon l’institution, on y distinguerait trop la forme des seins d’Eva Green. L’occasion de revenir sur l’obsession américaine pour les tétons, qui se traduit par une censure tous azimuts.
A lire aussi


Après le « nipplegate » de Janet Jackson, les photos de seins censurées sur les réseaux sociaux, c’est la poitrine d’Eva Green sur l’affiche de Sin City 2 qui fait des remous aux Etats-Unis ces jours-ci. La MPAA, qui délivre les visas de classification des films et les autorisations de diffusion de matériel publicitaire, a retoqué une affiche du film au motif qu’elle montrerait trop clairement « la nudité ». Plus précisément, selon l’association, « les courbes des seins » et « les tétons et aréoles » sont trop visibles sous le déshabillé très transparent que porte l’actrice sur l’affiche en question. La seconde affiche, montrant Jessica Alba, qui rempile dans son rôle de Nancy Callahan, a échappé, elle, aux foudres de la MPAA, le soutien-gorge porté par l’actrice étant assez couvrant pour ne pas choquer la pudeur des spectateurs. 

Eva Green

16 000 meurtres à la télévision américaine, 0 téton

Pourquoi les tétons sont-ils si controversés aux Etats-Unis ? C’est la question que pose Lina Esco, réalisatrice d’un film intitulé Free the Nipple, (ndlr : Libérez le téton, en français) qui s’attaque en particulier à la législation concernant le droit de montrer ses seins aux Etats-Unis. Dans un texte publié sur le Huffington Post américain, la réalisatrice s’interroge sur cette obsession américaine pour les tétons. « Saviez-vous qu’un enfant américain voit plus de 200 000 actes de violence et 16 000 meurtres à la télévision avant ses 18 ans et pas un seul téton ? Et pourtant la FCC (ndlr : l’agence qui régule les contenus audiovisuels aux Etats-Unis) est capable de donner une amende de 550 000 dollars à la chaîne CBS à la suite du célèbre incident de Janet Jackson lors du Super Bowl », écrit-elle afin de pointer du doigt l’ambiguïté des institutions audiovisuelles, qui préfèrent censurer la nudité visible au cinéma et à la télévision que la violence et les armes.

>> Club de lecture topless : qui sont ces bibliophiles seins nus made in NYC ? <<

Le mouvement lancé par Lina Esco a été largement suivi, de nombreuses stars posant torse nu pour manifester leur soutien à la campagne en ligne #FreeTheNipple, parmi lesquelles Miley Cyrus, Lena Dunham et… Rihanna. Coutumière des photos olé-olé, la chanteuse barbadienne a en effet rejoint le mouvement après que son compte Instagram a été mystérieusement fermé ; elle venait de poster la couverture du magazine français LUI, sur laquelle on voit ses seins en intégralité.

Facebook et Instagram censurent tous azimuts

Quand il s’agit de censurer les tétons, Facebook et Instagram ne sont en effet pas en reste. Comme le note Lina Esco dans un autre texte sur le sujet, le paradoxe réside dans le fait que les plateformes sociales tolèrent les images hypersexualisées de poitrines, mais pas celles de tétons et les aréoles. Pour peu qu’un millimètre de téton soit visible, et la photo est censurée. Sur Facebook, cette censure atteint même des sommets d’absurdité. Le réseau social s’est en effet ridiculisé maintes fois en supprimant au titre d’une politique très stricte à l’égard des « contenus pornographiques » et « matériaux de nature sexuelle » aussi bien des photos de tableaux célèbres que de Femen ou de femmes allaitant leur bébé alors que des images autrement plus choquantes - comme des décapitations - prospèrent en ligne sans être inquiétées.

Malgré les différentes campagnes destinées à dédramatiser les images de seins, le sujet reste hautement polémique outre-atlantique. On se souvient ainsi de la levée de boucliers provoquée par le sketch satirique de Seth MacFarlane aux Oscars 2013, lors duquel celui-ci énumérait en chanson les seins de stars féminines aperçus au cinéma. Alors que certaines actrices citées étaient visiblement de mèche avec le réalisateur farceur, d’où leur air faussement contrit à l’écran, des voix s’élevèrent pour protester contre ce segment jugé « sexiste » et « grossier ». Rappelant au passage que ces scènes dénudées étaient en partie des scènes de viol ou de violences à l'égard du personnage féminin dont les attributs étaient ainsi dévoilés à l'écran. Décidément la poitrine continue d’être un terrain miné aux Etats-Unis...