Métiers du web : « les entreprises recherchent des profils pluricompétents »

Métiers du web : « les entreprises recherchent des profils pluricompétents »
Métiers du web : « les entreprises recherchent des profils pluricompétents »
Lancée en 2011 sous le patronage et le mécénat de Xavier Niel (Free), Marc Simoncini (Meetic) et Jacques-Antoine Granjon (Ventes-privées.com), l'Ecole Européenne des Métiers de l'Internet (EEMI) veut former les nouveaux entrepreneurs du web. Quels sont les nouveaux métiers qui émergent dans le secteur numérique ? Comment se former ? Réponses avec Stéphanie de Kerdrel, directrice de l'EEMI.
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Terrafemina : Le secteur du web est en pleine expansion, source de croissance et d’emploi. Quels sont les métiers qui émergent ?

Stéphanie de Kerdrel : Les métiers qui se développent ne concernent pas que le e-commerce, il y a les métiers de la communication web, le web design, le développement technique, etc. La vraie évolution aujourd’hui, c'est qu'il n’y a plus de séparation entre les métiers techniques et non techniques, on demande une pluricompétence. Marketing, design et développement sont profondément imbriqués. Par exemple, un community manager doit aussi avoir des compétences techniques. Les profils doivent refléter la réalité de ces entreprises, ceux qui font la différence sont ceux qui savent s’adapter à cet environnement mouvant.

Tf : Les acteurs du web peinent-ils à recruter ?

S. d. K. : Le secteur est très dynamique, et les entreprises nous appellent tous les jours pour des demandes de stages et d’embauche. Elles sont aussi en demande de travaux de nos étudiants pour améliorer leurs sites, une preuve qu’elles sont en manque de certaines compétences en interne. Cette école est née suite au constat de nos fondateurs, Xavier Niel (fondateur de Free), Marc Simoncini (fondateur de Meetic), Jacques-Antoine Granjon (fondateur de vente-privée.com). D’une part les profils des jeunes diplômés d’universités ou d’écoles de commerce étaient trop généralistes pour le web, ils n’avaient aucune spécialité, d’autre part les écoles très techniques d’informatique et de design manquaient d’une vision généraliste. L’EEMI cherche à proposer des formations complètes centrées uniquement sur l’univers du web, mais aussi à enseigner le sens de l'entreprenariat.

Tf : Quelles sont les spécificités de ce secteur et de vos formations ?

S. d. K. : Certains nouveaux métiers très techniques autour du Social média ou du mobile ne sont pas évidents à identifier, il est très difficile d’établir une cartographie des fonctions. Et pour un même métier, l’exercice varie considérablement selon les entreprises. Nous faisons régulièrement des mises à jour de nos formations en fonction de l’évolution du monde professionnel. C’est pourquoi les stages ont une importance capitale dans ces cursus, les jeunes doivent arriver formés car les sociétés n’ont plus le temps de les former sur le tas. Tous nos professeurs sont aussi des professionnels du web en activité.

Tf : Les fondateurs de l’EEMI sont mécènes de l’école. Est-ce désormais le rôle des entreprises privées de former les jeunes talents de ce secteur ? Cette école est-elle appelée à devenir un incubateur ?

S. d. K. : Certains étudiants ont déjà des projets de création d’entreprise. Nous voulons en effet créer un écosystème favorable à l’émulation et à la créativité. Je pense qu’il y a un vrai manque de formations pour les métiers du numérique, mais d’autres projets d’écoles vont suivre. Les entreprises privées comme les universités ont leur rôle à jouer. Nous ne sommes plus dans un système d’enseignement fondé sur quelques « grandes écoles » de l’establishment. Sous l’influence anglo-saxonne, la méritocratie s’est fait une place dans l’entreprise, on ne peut plus raisonner seulement en Bac+5 ou Bac+4, les études n’ont pas besoin d’être aussi longues. L'EEMI se fait en trois ans, avec 11 mois de stage, et les étudiants choisissent une spécialisation dès la première année.

Tf : Les jeunes sont-ils informés sur ces nouveaux métiers ?

S. d. K. : Malheureusement la plupart des jeunes ont une utilisation assez limitée d’Internet, qui se limite bien souvent à Facebook. L’information n’est pas encore assez redescendue, et ils ne sont pas conscients du potentiel de ce secteur.

Le site de l’EEMI

Crédit photo  iStockphoto

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