10% du miel commercialisé en France est faux

10% du miel commercialisé en France est faux
10% du miel commercialisé en France est faux
Les Français, grands amateurs de miel, en consomment 40 000 tonnes par an. Pourtant, la France ne produit que 16 000 tonnes de miel, ouvrant ses portes aux importations. Parmi elles, on trouve du « faux » miel, élaboré à partir de sucres « sans que les abeilles aient butiné la moindre fleur ».
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Êtes-vous sûrs que le miel que vous consommez est authentique ? L’indétrônable de votre table de petit-déjeuner pourrait bien être frauduleux. En effet, parmi les 40 000 tonnes de miel consommées chaque année en France, il y aurait 10% de faux miel. Un pourcentage révélé par le Centre d’études techniques apicoles de Moselle qui concernerait les miels importés à bas prix, commercialisés dans la grande distribution.

La France, particulièrement touchée

Henri Clément, président de l’Union nationale de l’apiculture française, explique à Atlantico que « certains d’entre eux sont des miels artificiels élaborés à partir de sucres sans que les abeilles aient butiné la moindre fleur ». Si les Français sont si touchés par le miel frauduleux, c’est parce que la production est déficitaire. Elle a grandement chuté ces dernières années, notamment à cause de pesticides nuisibles aux abeilles, aujourd’hui interdits par la Commission de Bruxelles.

Des miels venus d’Asie

Les miels importés représentent 60% de la consommation française. Parmi eux, des miels frauduleux venant principalement d’Asie, de Chine et du Viêtnam. Le miel chinois a l’avantage d’être beaucoup moins cher : 1,7 euro le kilogramme contre plus de 3 euros pour la même quantité de miel français. Un écart de prix qui s'explique par une qualité et des processus de fabrication déifférents : le miel chinois est trop fermenté car il a été récolté avant maturation et contient donc trop d'eau. Un miel de qualité médiocre, qui a été interdit dans l’ensemble de l’Union européenne entre 2002 et 2004.

Quels risques pour les consommateurs ?

Il n’existe pas de risque sanitaire sérieux pour les consommateurs de « faux » miel. D’après Henri Clément, « c’est un peu comme si vous mangiez un sirop épais ». Un peu écœurant donc, mais pas nocif. En revanche, ces consommateurs se privent des qualités nutritionnelles du miel qui contient oligo-éléments, flavonoïdes, et vitamines. Les adeptes de miel frauduleux passent également à côté des belles saveurs propres à chaque miel, et n’ont aucune chance d’apprécier ses caractéristiques : couleur, texture, parfum…

Comment reconnaître le faux miel ?

En consultant l’étiquette pour vérifier sa provenance : un miel issu d’un pays européen aura une bonne traçabilité. Privilégiez évidemment les petits producteurs… Sinon, goûtez votre miel et observez-le : un faux miel est fade, sucré, liquide, il ne cristallise pas comme les autres miels (à l’exception du miel d’acacia). Il existe des techniques de grand-mère pour savoir si votre miel est authentique :

- Si vous trempez l’extrémité d’une allumette dans le vrai miel, elle prend feu si on la frotte sur la boîte. Avec du miel frauduleux, l’allumette ne s’allume plus.
- Sur le feu, le miel doit faire une espèce de mousse blanche. Si votre miel se cristallise et se carbonise, vous avez été berné.
- Versez un peu de miel dans un verre d’eau tiède : le faux miel se dissout immédiatement, tandis qu’un bon miel formera un dépôt au fond du verre.

Victoria Houssay

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