Comment nourrir sa famille sans céder aux sirènes des plats préparés ?

Comment nourrir sa famille sans céder aux sirènes des plats préparés ?
Comment nourrir sa famille sans céder aux sirènes des plats préparés ?
Dans cette photo : Stéphane Bern
Vous bossez, vous courez partout, vous avez à peine le temps de faire pipi et cédez souvent à la facilité du plat préparé, du fast-food ou de la pizza familiale parce que vous n’avez tout simplement pas le temps. Est-ce si grave ? Oui, selon Erwann Mentheour, qui dresse un constat alarmiste de notre alimentation, mais nous donne aussi quelques astuces pour se remettre dans le droit chemin du bien-manger.
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Son précédent livre avait cartonné. Ancien coureur cycliste et dopé repenti, Erwann Menthéour, le coach de chez Stéphane Bern s’applique depuis à démonter les idées reçues en terme de santé, de sport et d’alimentation tout en délivrant ses conseils avec la méthode Fitnext, son programme de coaching en ligne. Désireux d’aller plus loin et d’alerter le plus grand nombre sur les risques encourus par les consommateurs de l’industrie alimentaire, Erwann Menthéour a compilé dans Et si on décidait d’aller bien*, son dernier livre, nombre de chiffres, d’études, de conclusions de scientifiques et autres spécialistes afin d’appuyer son propos. Réchauffement climatique, malbouffe, inégalités, médicaments, tabac, disparition de la moitié des espèces animales… Tout est passé à la moulinette, et le tableau que dresse l’auteur est noir. Selon lui, l’industrie alimentaire a discrètement remplacé celle du tabac en utilisant purement et simplement un consommateur béni oui-oui qu’il gave de produits destinés à le rendre accro. L'objectif ? Lui vendre des aliments qui, loin de lui apporter les nutriments nécessaires à son bien-être, viendront sournoisement altérer sa perception du bon, faisant de lui une part supplémentaire d’estomac disponible qui ne pourra plus se passer de sa drogue. Sans parler des enfants de ces mêmes estomacs, soumis au même traitement depuis leurs plus jeunes années. Diable. Seriez-vous donc en train d’empoisonner la chair de votre chair sous prétexte que vous avez trop de boulot pour éplucher trois carottes ? Que ce discours puisse paraître excessif ou non, l'idée donne à réfléchir.

Apprendre à lire les étiquettes

Vous le savez, nous le savons tous, manger des produits frais est forcément plus sain que de réchauffer à la va-vite quelques nuggets. Ce que l’on sait moins, en revanche, c’est que certains produits que nous considérons comme acceptables, voire carrément super sains, ne le sont absolument pas, ou pas autant que nous pourrions le croire. Pour exemple, Mentheour parle de cette barquette de carottes râpées que nous boulottons crânement certains midis pour nous donner bonne conscience.
« Elles ont moins de nutriment que des vraies carottes », dit-il , « et comportent surtout beaucoup de sucre, du gras et des conservateur ». Quant au bio de supermarché, il faut également apprendre à s’en méfier. « Regardez d’où il vient. Si c’est du Maghreb ou des pays de l’Est, c’est qu’il est cultivé hors sol et qu’il y a donc zéro nutriment dans ce bio-là. » L’objectif, c’est de ne plus acheter de produits transformés. Si vous vous rendez au supermarché, temple de l’industrie alimentaire, regarder les étiquettes est indispensable. « Par exemple, si vous achetez du jambon et qu’il y a plus de trois produits dedans, oubliez ! De manière générale, il faut lire les étiquettes de manière décroissante. S’il y a d’abord de l’eau, virez-les ! ».

L'éducation au goût contre le point de félicité

Mais pourquoi donc cette même industrie alimentaire s’ingénierait-elle avec systématisme à nous coller d’étranges ingrédients pour nous faire acheter des produits dont nous ferions l’acquisition quoi qu’il en soit ? Parce que, justement, nous ne les achèterions peut-être pas. Michael Moss, Pulitzer 2010, a révélé dans un livre polémique l’existence du point de félicité, ce seuil connu de nombre d’industriel comme correspondant exactement à l’équilibre sel, sucre, gras qui rend accro le consommateur au point que, si l’on fait tester par des groupes aujourd’hui des aliments n’ayant pas atteint ce seuil, ceux-ci déclarent ne pas aimer le produit. D’où l’objectif primordial d’éduquer nos enfants au goût.

Car il est évident que jamais il ne sera possible de les empêcher d’aller au Mc Do avec leurs copains, de manger des bonbons aux anniversaires ou de la viande industrielle à la cantine. En revanche, il faut les habituer à manger des choses saines, éveiller leur palais et ne pas dénaturer celui-ci, au contraire, puisque la santé d’un enfant est son fonds nutritionnel.

Quelques commandements pour changer de vie (alimentaire)

Dans la pratique, ça veut dire quoi ? Car si toute bonne mère de famille est sensible à ces problématiques, la question de l’organisation et la réalité qui veut que réchauffer un hachis surgelé prend moins de temps que d’éplucher une tonne de légumes en rentrant du bureau le soir reste, quoi qu'on en dise. Nous avons donc demandé quelques conseils à l'auteur pour changer nos habitudes et celles de toute la famille de manière simple et réaliste. Voici vos nouveaux commandements :

- Ne plus acheter de produits transformés (cf. plus haut)

- Acheter le plus de frais possible. Si l’on ne peut se rendre souvent au supermarché, profiter de l’offre grandissante d’organismes proposant de livrer des paniers bio à domicile.

- Acheter des fruits bio. S’il n’y en a pas, les faire tremper une nuit dans de l’eau avec du vinaigre afin de le débarrasser ne serait-ce qu’en surface des traces de pesticides.

- Prévoir des recettes pour la semaine.

- Le midi, pour soi, se préparer le plus souvent possible des lunch-box.

- Piocher dans l’offre pléthorique de recettes veggies de salades type Cojean, en préparer plusieurs pour la semaine en les conservant au frais. Rien qu'en regardant les photos, ça donne envie.

- Manger de la viande deux fois par semaine. Idem pour le poisson.

- Faire du sport 3 fois par semaine à raison d’une heure chaque fois (une demi-heure de cardio, une demi-heure de muscu).

Selon notre coach bien-être, d’ici deux mois, on ne pourra plus s’en passer.

Pour le sport, on est moins sûre…

* Et si on décidait d'aller bien, Erwann Menthéour. Solar.