Primaire UMP : NKM vainqueur continue son ascension

Primaire UMP : NKM vainqueur continue son ascension
Primaire UMP : NKM vainqueur continue son ascension
Elle a été élue dès le premier tour : Nathalie Kosciusko-Morizet remporte la primaire UMP pour les municipales à Paris avec 58,16% des suffrages. Malgré les attaques de son propre camp, la candidate peut donc se lancer tête baissée dans la course à Paris. Retour sur l'ascension d'une ambitieuse en trois étapes clefs.
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Elle aura finalement remporté la bataille : après plusieurs semaines d’une campagne marquée par les attaques provenant de son propre camp et une primaire UMP entachée de soupçons de fraude, Nathalie Kosciusko-Morizet a remporté le scrutin dès le premier tour. Avec 58,16% des suffrages, elle remporte ainsi la primaire UMP pour les municipales à Paris. C’est devant son QG de campagne situé rue de la Lune que NKM a commenté sa victoire devant la presse, annonçant que son « seul objectif » était désormais de « gagner » en 2014. « Je voudrais dire à chacun, à chaque Parisienne et à chaque Parisien, je n'ai de compte à rendre qu'à vous », a-t-elle déclaré. « Nous ne devons d'être là à aucun mentor, à aucun protecteur, à aucun parti, à aucune faction », ni « à aucun héritage ni adoubement », a encore ajouté la députée de l'Essonne comme une pique à son adversaire Anne Hidalgo, avant d’assurer : « ce soir nous n'héritons pas, nous méritons ».

Une ministre qui ne mâche pas ses mots

Cette victoire marque une étape de plus dans l’ascension politique de cette polytechnicienne de 40 ans, mère de deux enfants, ambitieuse qui aime se jeter à corps perdu dans les batailles politiques et répondre avec mordant à ses adversaires. Dès 2002, elle est nommée conseillère environnement à Matignon, sous la tutelle de Jean-Pierre Raffarin. Elle devient dans la foulée députée de l’Essonne en 2002 à seulement 29 ans, puis maire de Longjumeau en 2008. 2007 marque un pas en avant dans sa carrière : elle est nommée secrétaire d'État chargée de l'Écologie, son sujet de prédilection. Elle participe alors à la mise en place du Grenelle de l'environnement aux côtés du ministre Jean-Louis Borloo. Mais cette fonceuse n’a pas peur de ses opinions et n’hésite pas à attaquer bille en tête Jean-François Copé et Jean-Louis Borloo, les accusant de ne pas la soutenir lors du débat sur les OGM en 2008. Elle n’a pas peur d’évoquer un « concours de lâcheté et d'inélégance » entre les deux et en subit les conséquences quelques mois plus tard.

NKM vise les sommets

La sentence tombe : lors d’un mini remaniement ministériel en 2009, NKM est remisée au placard de l’Économie numérique et doit abandonner son ministère. Loin d’en prendre ombrage, la nouvelle secrétaire d'État chargée de la Prospective et du développement de l'économie numérique profite de ce nouveau poste pour peaufiner son image 2.0 de ministre moderne. Bosseuse, opiniâtre, elle réussit à séduire Nicolas Sarkozy, qui fait confiance à la jeune femme pour devenir sa porte-parole pendant la campagne présidentielle en 2012. Le choix en surprend plus d’un, mais NKM s’attèle à la tâche, entendant bien profiter de ce tremplin pour atteindre des sommets. Et le poste n’est pas facile : celle qui écrivait en 2011 un manifeste à charge contre l’extrême droite intitulé Front antinational doit concilier avec la droitisation de la campagne mise en œuvre par le conseiller du candidat, Patrick Buisson. NKM serre les dents, notamment quand elle entend Nicolas Sarkozy affirmer que le FN est un parti «compatible avec la République». Après la campagne, elle confiera que le job était « dur », mais elle en ressort renforcée dans ses convictions : « Je suis la preuve vivante politiquement que l’on peut battre la gauche sans s’associer à l'extrême droite. On peut faire autrement, sans concession avec le PS ni compromission avec le FN », confiait-elle dans une interview à Terrafemina.

Voler de ses propres ailes

Après la défaite de son candidat en mai, Nathalie Kosciusko-Morizet décide de lancer son mouvement au sein de l’UMP, la France Droite, « une structure d’accueil de toutes les personnes qui veulent travailler à la refondation de la droite ». Elle envisage un temps de se présenter à la tête de l’UMP, mais doit abandonner faute d’avoir réuni les 8 000 parrainages nécessaires. NKM se lance alors dans sa nouvelle bataille : celle des municipales de Paris. Elle entend incarner l’alternance dans la capitale, et malgré les critiques et attaques de la Droite forte, prouve à ses adversaires en remportant la primaire qu’elle ne se laisse pas facilement démonter. D’ailleurs, à peine les résultats de la primaire publiés, Guillaume Peltier s’est empressé de féliciter NKM pour son succès sur Twitter : « Félicitations à #NKM. Après la campagne, voici le temps de la reconquête. Tous unis pour l'alternance et pour battre la gauche #primaire75 ». C’est enfin à la gauche qu’elle va se confronter les prochains mois.