Accusée de chasser sur les terres du FN, Valérie Pécresse multiplie les soutiens sur Twitter

Accusée de chasser sur les terres du FN, Valérie Pécresse multiplie les soutiens sur Twitter
Accusée de chasser sur les terres du FN, Valérie Pécresse multiplie les soutiens sur Twitter
En campagne pour les élections régionales de 2015, Valérie Pécresse suscite la polémique en réclamant la suppression de l'aide aux transports accordée par la Région Ile-de-France aux étrangers sans-papiers. Face aux critiques de la gauche francilienne, la députée des Yvelines a reçu une vague de soutien manifeste sur Twitter. Alors que le PS dénonce une « course à l’extrême-droitisation », l'UMP n'hésite donc pas à évoquer « le courage » de l'ex-ministre face au « totalitarisme » des socialistes.
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En finir avec la gratuité des transports pour les étrangers en situation irrégulière. Voila ce qu'a proposé Valérie Pécresse dans les colonnes du Parisien jeudi 30 janvier. Pour la chef de file de l’opposition UMP en Ile-de-France, l'aide aux transports, accordée par la Région à certains bénéficiaires de l’Aide médicale de l’Etat (AME), n'est pas justifiée.

«Dix rames de trains neufs»


Selon l'ex-ministre du Budget, l'aide en question, destinée aux étrangers en situation irrégulière résidant en France depuis plus de trois mois, bénéficiait à 125.000 personnes au 1er trimestre 2013, sur les 167.000 concernées par l'AME. « Pour ces personnes et leurs familles, la région prévoit une réduction de 75% de leur abonnement sur les transports », a affirmé la député des Yvelines qui évalue le coût de cette mesure « autour de 80-100M d’euros ». Soit l'équivalent de « dix rames de trains neufs » ou « deux fois le plan de bus prévu pour la grande couronne », précise-t-elle.

Et Valérie Pécresse d'expliquer les raisons de sa demande : « Autant on comprend bien qu’un étranger en situation irrégulière puisse bénéficier des soins sanitaires d’urgence... autant je ne vois pas à quel titre un étranger en situation irrégulière peut bénéficier de 75% de réduction dans les transports », a-t-elle expliqué s'empressant d'ajouter que « la plupart des demandeurs d’emploi et des travailleurs pauvres paient plein pot... Je ne vois pas pourquoi les étrangers en situation irrégulière auraient plus de droit que les autres Franciliens quelle que soit leur nationalité ».

Une analyse qui omet toutefois de mentionner les nombreux cas particuliers qui bénéficient d'une aide aux transports, voire d'une gratuité de ces derniers : personnes âgées, handicapées, bénéficiaires de la CMU, collégiens, lycéens, étudiants de moins de 26 ans, chômeurs titulaires de l’Allocation de Solidarité Spécifique (ASS)...

Contre-attaque de la Région Île-de-France

Face à ces déclarations, la région Ile-de-France a réagi ce jeudi 30 janvier dans l'après-midi par communiqué, en apportant quelques éléments d'éclairage sur la tarification sociale dans les transports franciliens. Selon ce document, on apprend alors que :

  • ces tarifs sociaux ont été décidés dès 2004, sous la présidence de Jacques Chirac, dans le cadre du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin.
  • La Région Ile-de-France rappelle également que la famille politique de Valérie Pécresse avait voté, en 2012, la reconduction des conventions relatives à cette tarification sociale.
  • Le communiqué revient enfin sur les chiffes avancés par la député UMP : le nombre de bénéficiaires AME se situerait autour de 110.000 (et non 167.000), et le coût de cette réduction tarifaire pour les sans-papiers s'élèverait en réalité à 10 millions d'euros pour la Région. Un chiffre bien éloigné des "80-100 millions d'euros" évoqués par Valérie Pécresse.


Des propos "choquants" pour Jean-Paul Huchon

En complément de ces précisions, la gauche francilienne a très vivement dénoncé l'« extrême droitisation » de la députée.
Sur son compte Twitter, Jean-Paul Huchon, premier intéressé en tant que président du conseil régional d'Ile-de-France et de fait du Syndicat des transports en Ile-de-France (Stif), parle de propos « choquants ».

Celui qui ne s'est pas encore déclaré comme candidat aux prochaines élections régionales s'est dit jeudi après-midi « stupéfait » avant de s'interroger : « Que reste-t-il de républicain dans de tels propos ? (...) La course à l’extrême droitisation de l’UMP régionale et à la démolition stérile systématique ne fait pas un projet ».

Les propos de @vpecresse sont choquants http://t.co/yThuuv1Vwx

— Jean-Paul Huchon (@jphuchon) 30 Janvier 2014


Une position partagée par Pouria Amirshahi. Contacté par Terrafemina, le député des Français établis hors de France estime qu'il est « affligeant de voir quelqu'un d'instruit sombrer dans des réflexes aussi pauvres ». Et l'élu de l'aile gauche du PS de souligner qu'« on gagnerait bien mieux à régulariser ces sans papiers qui ont, pour la plupart, des enfants scolarisés et un travail ».

De son côté, le groupe EELV a également déploré une « entrée en campagne nauséabonde de Valérie Pécresse », qui « surfe sur une atmosphère délétère ».

Vague de soutien sur Twitter

Sans doute la goutte de trop pour l'UMP. Face aux critiques essuyées par leur collègue, plusieurs élus sont montés au créneau pour manifester leur soutien à Valérie Pécresse. C'est notamment le cas d'Eric Ciotti ou encore de David Douillet, qui s'est fendu d'un billet sur son blog. Tandis que Bernard Debré n'hésite pas à qualifier les socialistes de « totalitaires », comme au bon vieux temps de la guerre froide. Les Jeunes Populaires de Paris ont également donné de la voix.

Devant un tel élan de solidarité, on aurait pu s'attendre à voir réagir les caciques du parti socialiste. Il faut croire que la majorité a au contraire choisi de faire silence puisqu'aucun d'entre eux n'a pour le moment jugé opportun de commenter les propos de Valérie Pécresse. Pas plus d'ailleurs que les associations de défense des sans-papiers.

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