Espionnage des salariés et clients pour Ikea France ?

Espionnage des salariés et clients pour Ikea France ?
Espionnage des salariés et clients pour Ikea France ?
Selon le Canard enchaîné de ce mercredi, Ikea France aurait eu recours à des officines privées de sécurité pour espionner des salariés et même des clients. Moyennant 80 euros par consultation, le géant suédois du meuble aurait eu accès à des informations exclusivement réservées à la police nationale, comme des cartes grises, des permis de conduire ou des dossiers d'infractions.
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L'information révélée par le Canard enchaîné de ce mercredi risque de ternir l’impression de douceur et de bien-être qui émane des pages du catalogue Ikea. Selon le journal satirique, la section France du géant du meuble suédois aurait eu recours à deux officines privées de sécurité pour obtenir des informations strictement réservées à la police nationale sur des salariés et même des clients. L’espionnage, qui remonterait à 2003, aurait coûté 80 euros par consultation, selon le Canard enchaîné, qui publie « quelques spécimens » de mails « parmi la centaine » échangée par le responsable de la gestion du risque chez Ikea France, Jean-François Paris, avec ces entreprises, dont Sûreté International. On peut donc lire : « Merci de me dire si antécédents SVP concernant cette personne. A priori déjà connue pour vol. » ; « Personne en embauche sur le magasin de Paris Nord. Merci de me donner son casier » ; ou encore « Son discours est antimondialiste, ses méthodes 'vieille garde CGT' (…) Syndicalisme? (…) Risque de menace écoterroriste? ».

Le journal explique qu’Ikea pouvait procéder parfois à 200 demandes à la fois. Les officines fouillaient alors dans les documents réservés à la police, comme les permis de conduire, les cartes grises, et les dossiers de Système de traitement des infractions constatées (STIC). La méthode aurait même été utilisée pour espionner des clients, comme une consommatrice en litige avec l’enseigne. Contacté par Rue 89, l'ancien PDG de l'entreprise Sûreté International « dément formellement » les faits. Une dizaine de salariés ont déjà fait part de leur intention de porter plainte pour utilisation frauduleuse de données personnelles, un délit passible de 5 ans d’emprisonnement et de 300.000 euros d’amende. Il s’agit notamment de savoir comment ces officines ont pu se procurer les fichiers secrets de la police. Ce n’est pas la première fois que la réputation d’Ikea est écornée. Le site du Figaro rappelle que des salariés d’un magasin installé aux États-Unis, en Virginie, avaient dénoncé cet été « un management digne des plantations ».

Élodie Vergelati


(Sources : lemonde.fr, lefigaro.fr, lexpansion.lexpress.fr)
Crédit photo : ikea.com

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