Barbara Pompili, la nouvelle voix des Verts

Barbara Pompili, la nouvelle voix des Verts
Barbara Pompili, la nouvelle voix des Verts
Trentenaires, engagées, souvent mamans : elles sont la nouvelle génération de députées qui ont fait pour la première fois leur entrée à l'Assemblée nationale en juin dernier. A 37 ans, l'enthousiaste et frondeuse Barbara Pompili effectue un doublé gagnant : élue aux dernières législatives, la néo-députée écolo est aussi la première femme à (co)diriger un groupe parlementaire. Rencontre avec une jeune pousse prometteuse.
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A l’origine, la politique, « ce n’était pas trop (son) truc ». Alors qu’elle vient d’entamer son premier mandat en tant que députée EELV de la 2e circonscription de la Somme, Barbara Pompili a eu le temps de changer d’avis depuis son diplôme de Sciences Po Lille en 1997. La jeune femme de 37 ans, originaire du Pas-de-Calais, mère divorcée d’une petite fille, dynamique, volubile et tenace, est désormais sous les feux de la rampe : néo-députée, elle est également la première femme à codiriger un groupe parlementaire. « Une idée de Noël (Mamère) », explique-t-elle, avant de sourire : « Une occasion pareille, ça ne se refuse pas ». En duo avec François de Rugy, Barbara Pompili entend bien porter la voix des Verts et imprimer sa marque. Une nécessité pour celle qui est entrée en politique pour « apporter sa pierre, même s’il ne faut pas se leurrer, c’est souvent une modeste pierre ».

Ses sujets de prédilection ? « Je suis écolo, j’ai été biberonnée par Yves Cochet sur toutes les questions énergétiques », rappelle-t-elle. Alors évidemment, dans sa ligne de mire directe pour les mois qui viennent figurent en priorité « les questions de transition énergétique qui découlent de la grande conférence sur l’environnement de septembre ». Barbara Pompili est par ailleurs membre de la commission éducation : « C’est un sujet qui m’intéresse énormément, d’autant plus que le gouvernement socialiste en a fait sa priorité ». Cette fille d’institutrice auprès d’enfants handicapés est sensible à la question, qui concerne de près la Picardie. « On a de gros problèmes de scolarité, on est bien en-dessous des moyennes nationales : il y a un vrai besoin de revoir le système dans cette région », affirme-t-elle, convaincue qu’il faut prendre ce problème à bras le corps.

« Porter moi-même mes idées »

Frondeuse, elle est déterminée à améliorer les choses, et pourtant, la politique, la jeune femme blonde au sourire inaltérable y est entrée plus ou moins par hasard. Alors qu’elle a 24 ans, on lui propose de rédiger un rapport sur les dangers du mercure dentaire pour un député écolo. Ce sera sa « porte d’entrée », avant d’accepter un poste en intérim comme assistante parlementaire auprès d’Yves Cochet. Cette rencontre est un déclic. « Cochet, c’est mon mentor. Il m’a énormément appris ». Elle s’engage alors dans le parti, commence à la communication puis devient attachée de presse de la campagne présidentielle de « Noël » (Mamère, ndlr) en 2002. Un « moment extraordinaire », avec un « sacré candidat ».

« Ça a été une expérience géniale, dont je garde un souvenir émerveillé, même si la campagne a été ternie par cette fin terrible », se souvient-elle. La montée du FN, pour celle qui a grandi avec le slogan de SOS Racisme « Touche pas à mon pote », c’est la confirmation de plus qu’elle doit s’engager. Yves Cochet est réélu en 2002 et elle se retrouve alors assistante parlementaire pendant 5 ans. « L’Assemblée, je connais », martèle-t-elle. Puis, à l’issue de cette période, « j’ai eu l’envie de m’investir, de porter moi-même mes idées, de ne pas être derrière quelqu’un », raconte Barbara. Sa vie personnelle est à Amiens, auprès de son compagnon, et elle décide de s’y présenter pour les élections législatives de 2012.

Passer de l’autre côté du miroir

C’est une campagne « difficile », qu’elle remporte néanmoins avec 50,83% des voix face à son rival UMP. « Des campagnes j’en ai déjà fait, mais des campagnes pour la gagne, c’était la première », confie-t-elle. Dès le lendemain de l’élection, elle est de retour à l’Assemblée nationale, mais cette fois-ci elle est passée « de l’autre côté du miroir ». « Cela faisait longtemps que j’étais dans la maison, mais plus rien n’était pareil », se souvient-elle lorsqu’elle évoque ses premiers jours de députée. « Un petit nuage » dont il faut très vite redescendre : « On a tellement bossé pour y arriver qu’on aimerait avoir plus de temps pour savourer, mais il s’agit de s’organiser très vite ». Aller-retours entre Amiens et Paris, recrutement des collaborateurs, organisation du groupe et de la coprésidence du groupe… « Le marathon continue ! », s’exclame-t-elle.

« Oui, c’est possible d’être une femme et de faire avancer les choses »

Elle appartient désormais au seul groupe parfaitement paritaire de l’Assemblée : « Chez les Verts, nous nous sommes donné les moyens de favoriser la parité, j’en suis très fière ». Et si on est encore loin du compte dans l’ensemble de l’hémicycle, Barbara Pompili se félicite de noter un changement par rapport à l’Assemblée qu’elle a connue avant : « Elle est indubitablement plus jeune et plus féminine ». La preuve pour la députée que « quand on veut, on peut ».

Et les piques sexistes qui ont pu marquer les premières sessions parlementaires ? « Elles ne viennent pas des nouvelles générations, mais essentiellement de députés qui sont là depuis un certain temps, installés dans leur entre-soi, persuadés que la politique est une affaire d’hommes et de testostérone », ironise-t-elle, avant d’assurer : « Oui, c’est possible d’être une femme et de faire avancer les choses ». La politique n’est pas réservée à « des grandes gueules qui sous prétexte d’avoir une grande gueule se pensent meilleurs que les autres ». Qu’on se le tienne pour dit, Barbara Pompili n’a pas peur de s’exprimer haut et fort.

Crédit photo : Sophie Derrien


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