Quand Isabelle Debré excuse le machisme en politique, Marie-Jo Zimmermann bondit

Quand Isabelle Debré excuse le machisme en politique, Marie-Jo Zimmermann bondit
Quand Isabelle Debré excuse le machisme en politique, Marie-Jo Zimmermann bondit
Un impair pour Isabelle Debré, un affront intolérable pour Marie-Jo Zimmermann : les deux élues UMP, respectivement au Sénat et à l'Assemblée, ont certes toutes deux réagi aux propos machistes de leurs confrères mais elles ne partagent pas la même analyse sur l'affaire dont l'origine est la loi sur la parité aux élections cantonales.
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« Il y a moins de machisme au Sénat qu'à l'Assemblée d'après ce que me rapportent mes collègues. Il ne faut pas non plus qu'on devienne des chiennes de garde ! Il faut que nous soyons fermes mais pas agressives » : en déclarant au Nouvel Observateur, vendredi 18 janvier, que les dérapages de ses confrères Bruno Sido et Christophe Béchu notamment n’étaient que des « maladresses », la sénatrice UMP des Hauts-de-Seine Isabelle Debré a déclenché un tollé chez ses consœurs, y compris celles de son propre camp. 

« Ce n’est plus de la maladresse »

Marie-Jo Zimmermann, vice-présidente de la délégation aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes à l’Assemblée nationale et députée UMP de Moselle, a en effet dans le même temps témoigné de son indignation dans une interview au JDD : « Ce n'est plus de la maladresse ! En 1980, je veux bien, mais sûrement plus en 2013. J'aurai été dans l'hémicycle, j'aurai demandé au président du groupe une suspension de séance pour remettre les gens en place. Je suis profondément choquée que personne n'ait interrompu le débat. »

« Ce ne sont pas des potiches ! »

Pour la députée de Moselle, Jean-Claude Gaudin, président du groupe UMP au Sénat, et Jean-François Copé devraient sermonner les sénateurs fautifs et leur imposer de présenter des excuses : « C'est intolérable. Nous sommes en 2013, il faut qu'on arrête ! Une femme est aussi compétente. Est-ce qu'on a déjà demandé à un homme de faire preuve de ses compétences ? Jamais. Les femmes parlementaires ont fait leurs preuves. Ce ne sont pas des potiches ! » Tandis qu'Isabelle Debré est bien plus modérée, excusant même l’absence de parité au Sénat : « Nous sommes dans un pays latin ! Il y a encore un problème de disponibilité, le socle familial s'appuie beaucoup sur la femme. »

Enfin, l’élue des Hauts-de-Seine conclut son interview au Nouvel Obs en défendant une vision conservatrice des institutions : les sénateurs, dont la moyenne d’âge est de 65 ans, seraient trop compétents pour être remplacer par des femmes, juste pour « tendre vers la parité ». Des propos qui ne devraient pas rester sans réponse... 

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