Partage du congé parental : les pères pas convaincus

Partage du congé parental : les pères pas convaincus
Partage du congé parental : les pères pas convaincus
Que pensent les familles d'un congé parental équitable entre père et mère ? Un rapport de l'Union nationale des associations familiales (UNAF) pointe du doigt une réforme qui réduit les droits des familles, augmente les besoins de mode de garde et baisse le pouvoir d'achat. Principales craintes des papas ? Une perte financière et des difficultés professionnelles.
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En matière de congé parental, les familles ont actuellement le choix : le père et la mère choisissent de partager le congé parental, ou de l’allouer à un parent. La réforme, qui sera examinée en séance publique au Sénat les 16 et 17 septembre prochains, prévoit de réduire de six mois l’indemnisation perçue en cas de non-partage du congé. À partir du 1er juillet 2014, les parents d’un seul enfant pourront prendre six mois de plus si le second parent en bénéficie.

L’Union nationale des associations familiales (UNAF) accuse une réforme contraignante, aux effets négatifs « tant sur la qualité de vie des familles, que sur leur organisation familiale et leur pouvoir d’achat ».

Respecter le choix de la mère

S’appuyant sur une étude qualitative réalisée par Ipsos, l’UNAF fournit une « étude approfondie pour savoir pourquoi les pères prennent si peu ce congé ». Pour les papas interrogés, il est nécessaire de respecter le choix de la mère, le congé alloué après la naissance étant vu comme « un prolongement de la grossesse ». Les raisons invoqués sont d’ordre biologique (récupérer après l’accouchement), physiologique (allaitement) et psychologique (fusion mère/enfant). Le rôle du père se jouerait pour eux après, « plus au moment de l’enfance que de la naissance ». Ils voient en cette réforme une « paternité d’obligation », alors qu’ils préfèrent une « paternité d’intention ». L’idéal ? Une prise du congé paternité fractionnée.

Perte financière et difficultés professionnelles ?

Autre objection des pères rapportée par l’UNAF : la crainte d’une « perte financière pour la famille et les difficultés professionnelles ». Ils envisagent le congé comme une « prise de risque » peu recommandée dans le contexte de chômage actuel. L’aspect financier semble avoir une importance primordiale : chez les revenus les plus modestes, le manque à gagner est un frein. L’Unaf préfère une « réforme incitative et non pénalisante », qui n’appauvrirait pas les familles. Son président, François Fondard, précise que pour l’égalité, il faut agir « prioritairement dans les entreprises », pour « une égalité des salaires » qui permettrait « aux mères et aux pères de s’occuper de leurs enfants tout en travaillant ».

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