Le redoublement, un mal français

Le redoublement, un mal français
Le redoublement, un mal français
L’heure des conseils de classe a sonné ! Le printemps apporte chaque année son lot d’élèves contraints de redoubler. Un rapport de la Cour des comptes, paru mardi 12 mai, remet en cause cette méthode vieille comme le monde censée améliorer le niveau des élèves et réduire les inégalités…et pourtant !
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« Le redoublement est une pratique inefficace et ne concoure pas à la lutte contre les inégalités sociales» affirme Didier Migaud, président de la Cour des comptes. D’après une enquête* réalisée en 2003, 40% des élèves de 15 ans connaissent le redoublement.  Aujourd’hui, le rapport de la Cour des comptes est sans appel : il est grand temps de reconsidérer les besoins des élèves et d’évaluer correctement leur niveau, afin d’apporter un soutien adapté aux enfants en difficulté et d’éviter de recourir systématiquement au redoublement.

La France est la « championne des redoublements » comparée aux pays nordiques, à la Corée du Sud ou aux Pays-Bas entre autres,  qui ne font quasiment jamais redoubler leurs élèves. Elle est, selon l’OCDE, « le pays qui se trouve dans la situation la plus défavorable du point de vue de l’équité scolaire».


Aujourd’hui, les élèves quittant l’école à l’issue de la scolarité obligatoire n’ont pas tous les mêmes connaissances ni le même âge. Le redoublement précoce dépendrait fortement de l’origine sociale des élèves et ne favoriserait pas l’égalité des chances. Selon le rapport de l’institut Montaigne publié le 5 mai dernier, 3% des enfants d’enseignants et 7% des enfants de cadres ont redoublé à l’école primaire, contre 25% des enfants d’ouvriers et 41% d’enfants d’inactifs.


* Enquête PISA « Programme for International Student Assessment » réalisée tous les 3 ans auprès de jeunes de 15 ans dans les 30 pays de l’OCDE.

Hélène Cerneau

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