La taille des hanches liée à la sexualité des femmes ou l'étude qui énerve

La taille des hanches liée à la sexualité des femmes ou l'étude qui énerve
La taille des hanches liée à la sexualité des femmes ou l'étude qui énerve
Dans cette photo : Mila Kunis
D’après une étude publiée par la « National Library of Medicine » fin avril, il existerait un lien entre la taille des hanches d’une femme et son comportement sexuel. Les conclusions des chercheurs de l’université de Leeds font cependant débat, car elles n’envisagent pas la sexualité autrement que liée au désir de reproduction. Peut-on réduire la femme à ses instincts biologiques ?
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En découvrant les conclusions de l’étude menée par les chercheurs de l’université de Leeds, on est tenté de se demander si ces travaux ne chercheraient pas à rassurer les femmes à la silhouette voluptueuse. Et pour cause : d’après cet article issu des travaux menés par l’équipe du professeur Colin Hendrie, plus une femme aurait des hanches larges - c’est-à-dire, selon ces travaux, au-dessus de 36 centimètres - et plus sa sexualité serait débridée. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’elle saurait, de manière subconsciente, que le fait d’enfanter comporte peu de risques pour elle, en vertu de son anatomie, et se permettrait donc plus facilement de multiplier les conquêtes sans s’attacher. A l’inverse, une femme dotée de hanches menues serait en quête d’un partenaire stable qui puisse l’accompagner et la soutenir en cas d’accouchement difficile.

Pour arriver à ces conclusions, les chercheurs de l’université de Leeds ont été interroger 148 femmes âgées de 18 à 26 ans, de cet établissement ou des alentours, sur leur vie sexuelle. Ils ont également mesuré la largeur et la circonférence de leurs hanches, ainsi que leur tour de taille, avant de décréter, calculs à l’appui, que les sujettes aux hanches larges étaient plus enclines aux coups d’un soir.

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La taille des hanches n’est pas la taille de l’ouverture du bassin

Mais plusieurs voix se sont élevées au sein de la communauté scientifique pour protester contre les conclusions de cette étude. D’abord, pointe du doigt Holly Dunsworth, professeure à l'université de Rhode Island, les mesures relevées par les chercheurs - qui ont pris en compte la distance entre les extrémités de l'os qui forme le bassin pour leur étude - sont sans rapport avec la taille de l’ouverture du bassin.

Par ailleurs, d’après Holly Dunsworth, l’étude est bancale car elle comptabilise le nombre de partenaires par année de vie sexuelle, afin de lisser la différence d’âge entre les femmes interrogées. Or, une femme de 25 ans, forte de son expérience, sera plus décomplexée qu'une autre de 18 ans qui vient tout juste de quitter papa-maman. Et comme, c’est scientifiquement prouvé, la taille du bassin augmente avec les années et les accouchement successifs, l’écart d’expérience d’une femme à l’autre pourrait expliquer en partie le lien entre la taille des hanches et le comportement sexuel des femmes établi par l’étude de l’université de Leeds.

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Peut-on réduire une femme à son instinct de reproduction ?

Bon. Mais au fond, le véritable problème que pose cette étude, c’est qu’elle réduit la femme à ses instinct biologiques. De fait, en établissant un lien entre la largeur des hanches - qui serait synonyme d’accouchement sans complications, ce qui est en soi discutable - et la sexualité d’une femme, les auteurs de cet article postulent grosso modo qu’une femme ne peut pas se laisser aller aux délices de la chair sans avoir dans un coin de sa tête l’idée de faire un bébé, voire sans penser aux douleurs de l’enfantement.

Et, même si c’était vrai, et si le comportement de chaque femme en âge d’avoir des rapports sexuels était contrôlé par son désir, même subconscient, de se reproduire, il paraît douteux qu’à une époque où les moyens de contraception sont légion, la peur de souffrir pendant un accouchement préside à la décision d’avoir ou non des rapports sexuels.

Ainsi, plutôt que de saluer cette étude sous prétexte qu’elle aurait le mérite de décomplexer les femmes aux courbes généreuses, érigeons-nous contre cette tendance répandue à tout ramener à des considérations biologiques qui, en réduisant les femmes à leur instinct de reproduction, certes réel, ne risque cependant pas de faire avancer leur cause.


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