Sexualité : assez masochistes pour se mutiler ?

Sexualité : assez masochistes pour se mutiler ?
Sexualité : assez masochistes pour se mutiler ?
En Angleterre, pendant que certains s'inquiètent et se révoltent du manque de perspectives économiques et sociales, d'autres, dans les hôpitaux, s'inquiètent de l'accélération des demandes de chirurgie labiale ou vaginale. Le point de vue de notre experte Sophie Bramly.
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Le « British Journal of Obstetrics and Gynaecology » rapporte que les demandes à l'heure actuelle, pour cette chirurgie irréversible, incluent celles de jeunes filles, y compris une de onze ans ! On s'interroge alors sur les connaissances d'une jeune fille de cet âge sur ce que peut être une apparence « normale » d'un sexe féminin et à qui elle le montre pour avoir déjà le besoin de se conformer à tout prix (avec le consentement de la mère ?) à la tendance du moment ? Laquelle tendance se trouve être l'abricot, c'est à dire le sexe d'une jeune fille, justement...

Si les médecins sont désemparés et ne savent comment répondre, autrement qu'en souhaitant que ces questions soient traitées par des cliniques privées (2.000 opérations par an pour les seuls hôpitaux anglais et 30% d'augmentation annuelle aux US), on peut s'étonner d'une telle accélération des demandes globales de chirurgie esthétique jusque dans la culotte, en se fichant de ce que les modes changent. Que faire si la prochaine tendance des lèvres vaginales est de les avoir le plus long possible, contre l'actuel modèle ? Peut-on se ficher de savoir s'il y a des risques et si les zones érogènes peuvent être, ou non, partiellement endommagées ?

Comme dans toute intervention, il y a un besoin. Ici, motivées par de réelles douleurs (moins de 1/5e des cas), là des patientes qui, disent-elles, sont gênées lorsque, portant des vêtements trop moulants, on risque de deviner d'une façon soutenue la forme de leur sexe. Ces dernières viennent réclamer des vulves plates, « sans aucune protrusion en dehors des grandes lèvres » indique Sara Creighton dans le British Medical Journal.

Comme dans toute intervention, il y a un risque (infections, l’altération des sensations, cicatrices, nerfs abimés, …) et une diminution ou perte des sensations, avec des douleurs lors des rapports sexuels dont on évite de parler (Google en français ne remonte pas de réponse, comme si nous, les Françaises, n'avions pas d'intérêt pour la question. Il faut passer par la langue anglaise pour voir quelques rares réponses).

Résumons : pour une somme rondelette (la note de l'opération se compte en milliers d'euros), on obtient un sexe visuellement conforme à la tendance du jour, mais à l'inverse de la chirurgie esthétique sur le visage, il est difficile de le signaler aux autres, à moins d'être nudiste marchant les jambes écartées. Seul le partenaire saura, et ne manquera pas de se désoler pour ce qu'il prendra comme une baisse de performance de sa part, la partenaire ne répondant plus (ou peu). A nous qui nous offusquons de ce que les femmes d'Afrique peuvent encore mutiler leurs filles en pratiquant des excisions, admirons ici notre enthousiasme à nous mutiler toutes seules, comme si le parfum de la liberté était trop enivrant pour s'y plonger sans retenue...

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