Écologie : les dessous de la lingerie

Par Elizabeth Pastore-Reiss
Publié le 10 mars 2012

Écologie : les dessous de la lingerie

Écologie : les dessous de la lingerie

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Aussi légers soient-ils, les sous-vêtements pèsent leur poids dans les dépenses des Français - 19% des dépenses d'habillement en 2005, mais aussi sur les impacts qu'ils génèrent sur l'environnement. Elizabeth Pastore-Reiss, fondatrice et directrice d'Ethicity, décrypte ce secteur qui attire, mais dont les dessous sont moins excitants qu'il n'y paraît.

 

Des matières premières avec de forts impacts sur l’environnement et sur la santé

Le coton est la fibre naturelle la plus utilisée dans le monde pour les créations textiles, avec une production annuelle de plus de 20 millions de tonnes en 2003/2004.
Or cette matière première requiert énormément d’eau pour sa culture. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 200 000 litres d’eau sont consommés pour la fabrication d’une tonne d’articles textiles. Lorsque l’on sait que les modèles prédictifs sur le changement climatique font se coïncider zones où l’eau manquera et zones de production, l’on peut prévoir que cette pression sur l’eau ne va faire que s’accentuer.

Autre impact majeur lié au coton : l’utilisation de pesticides. Un chiffre évoque à lui seul l’étendue de l’enjeu : le coton représente seulement 5% de la surface agricole mondiale, mais compte pour 25 % de l’utilisation globale de pesticides. Ces produits chimiques impactent fortement les écosystèmes et la santé des hommes qui les manipulent. Selon l’OMS (Organisation mondiale de la Santé), les pesticides sont la cause de 220 000 morts et de 25 millions de cas d’empoisonnement par an dans les pays du Tiers Monde.
Qui plus est, l’utilisation d’OGM (20% des plantations de coton dans le monde) pose des questions de dépendance et de surendettement des petits exploitants face aux entreprises semancières.

Quant aux autres matières fréquemment utilisées comme matière première dans la confection de lingerie (polyester, etc.), ce sont autant de matières issues de la pétrochimie.
À cela s’ajoutent les autres produits chimiques utilisés tout au long du process de fabrication, notamment pour la teinture : métaux lourds, colorants azoïques…

Par ailleurs, lors de la transformation des matières premières en usine, de nouveaux problèmes sociaux peuvent voir le jour comme la faible rémunération des ouvriers ou encore les conditions de travail difficiles à la fois sur le plan physique et sanitaire.

Pour arriver jusqu’à nos penderies, les pièces sont souvent importées de Chine et d’Inde, entraînant ainsi des impacts environnementaux négatifs causés entre autres par l’empreinte carbone liée aux transports et les suremballages.

Toutefois, l’empreinte environnementale ne s’arrête pas à nos portes. Le lavage représente une part majeure des impacts sur l’ensemble du cycle de vie (eau consommée, écotoxicité liée aux rejets de lessive, émission de C02 pour le chauffage de l’eau).

Certains se sont emparés de ce sujets. C’est le cas d’Eco-Boudoir et de la BBC qui ont mis en lumière ces aspects cachés de la fabrication de la lingerie dans une campagne publicitaire où des mannequins ôtent leur lingerie car elles refusent de porter des tissus dont la fabrication est nuisible pour l’environnement et les hommes. Sous l’adage « Mieux vaut être nue que mal accompagnée », la campagne choc intitulée « More than pretty knickers », a ainsi pour objectif de sensibiliser le public et de faire évoluer le secteur de l’industrie textile.

Opter pour une lingerie labellisée

Depuis plusieurs années, on note l’émergence de nombreuses marques de lingerie bio et éthiques ou de collections spécifiques lancées par de grandes marques. Leurs atouts sont nombreux : les créateurs créent des produits respectueux de l’environnement grâce à de nouvelles matières premières variées : la fibre de bois, la fibre de maïs, le bambou, le chanvre… qui ont l’avantage d’utiliser peu d’eau ou encore d’être biodégradables. De plus les teintures utilisées sont naturelles et moins polluantes. L’intégration de la logistique peut également être limitée, à l’instar de la marque PACT qui se fournit dans des zones de production de coton proches du lieu de fabrication (moins de 100 miles), pour réduire le transport. Par ailleurs, les emballages font également peau neuve et sont le plus souvent faits à partir de papier recyclé. Ils sont réutilisables ou compostables, et les étiquettes sont taillées dans des chutes de tissus.

Au-delà de la bonne intention, il est possible de s’assurer du sérieux des entreprises par la certification par des labels délivrés par des tiers organismes. Par exemple, côté sanitaire, Oeko-tex qui garantit l’absence de substances nocives au cours de la fabrication. Sur le plan environnemental plusieurs labels certifient la production biologique des cultures : Ecolabel Européen, Ecocert. Enfin, le label Max Havelaar assure des conditions de travail et une rémunération décentes pour les producteurs.
Par ailleurs, un certain nombre de marques font perdurer des savoir-faire centenaires, tel que la dentelle, notamment en Normandie ou dans le Pas-de-Calais, pour rester en France. Cet aspect « culturel » n’est pas neutre et a des conséquences positives sur l’emploi local.

Ainsi, après avoir fait le choix de matières premières respectueuses de l’environnement, il ne reste plus qu’à définir votre style et à adopter l’entretien durable de vos dessous en les protégeant lors des lavages dans des pochettes conçues à cet effet.



Crédit photo : Comstock


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10 commentaires

crakotte - 10/03/12 16:49
Mdr, à ce rythme, le genre humain finira en homme de cromagnon. S'il s'agit de créer une nouvelle économie, afin de relancer les entreprises, autant le dire tout de suite, mais cessons d'invoquer la planète. La fonte des glaciers (pour le gaz) les barrages de nos fleuves (centrales électriques) et captages des nappes souterraines nuisent à l'équilibre de notre planète. L'écologie pour qui ? Ou pourquoi ? Préserver la planète mais pas seulement pour faire rentrer les deniers!
tania78370 - 10/03/12 18:10
Allez bientot on fera tous du nudisme comme ça se sera régler, écologique et économique, un gain de temps aussi!!!!! Il y a des procéder plus polluant que les vétement et au vu des prix des vétement en fibre biologique et issu du commerce éthique désolé mais je ne peut me les offrirs!!! C'est juste vouloir nous soutirer de l'argent que faire vibrer la corde écologique pour nos vétements!!!
exhine - 11/03/12 13:06
C'est un constat, pas une obligation et c'est pour attirer l'attention sur certains gestes, il ne faut pas adhérer à tout sans penser plus loin mais il ne faut pas non plus tout rejeter sans analyser le possible.
country33 - 12/03/12 21:51
Il est certain qu'on porte tous de la lingerie fine sou autre mais je n'ai pas encore de soucis de regarder comment et ou elle est fabriquée, car j'aime bien l'écologie mais pour certaines choses comme la lingerie elle est trop moche , enfin celle que j'ai vu.
ladymam - 30/03/12 17:49
et pourquoi ne pas revenir au temps des peaux de bêtes ? ou noix de coco pour le haut et jupe végetale pour le bas ?
Fleurdesmontagn - 04/07/12 11:04
C'est une mode comme une autre! Le prix est souvent élevé, mais certaines aiment bien avoir de la lingerie de luxe!
alexandrine - 18/07/12 14:10
J'ai déjà regardé les sous vêtements faits en coton bio mais je ne les ai pas acheté car c'était loin d'être sexy, cela faisait penser à la collection petit bateau. Pas glamour.
fleurs06 - 22/07/12 18:21
Alors, je ne savais pas du tout que cela existait de la lingerie bio, en tout cas je suis sure que le prix sera important !
country33 - 03/01/13 13:11
Le meilleur moyen est de laver ces choses là très fragiles à la main lorsqu'il y a des dentelles fragiles et le shampooing est la meilleure des lessives fragile.
daca - 13/10/13 19:25
Aussi bien les sous vêtements bio que les vêtements ne sont pas très glamour et un peu plus cher que les autres, faudra-t-il en passer par là?

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