Société
Entre défense des personnes LGBT et respect du Qatar, Hugo Lloris semble avoir tranché
Publié le 15 novembre 2022 à 15:15
Le capitaine des Bleus Hugo Lloris a annoncé en conférence de presse qu'il ne porterait pas de brassard arc-en-ciel pendant la Coupe du monde de foot au Qatar, alors que l'émirat est régulièrement accusé de bafouer les droits des personnes LGBT+.
Entre défense des personnes LGBT et respect du Qatar, Hugo Lloris semble avoir tranché

La Coupe du monde 2022 débutera ce dimanche 20 novembre au Qatar. Alors que le coup d'envoi de l'événement controversé approche, le capitaine des Bleus Hugo Lloris a annoncé en conférence de presse, ce 14 novembre, qu'il ne comptait pas porter de brassard aux couleurs arc-en-ciel.

Le dispositif baptisé "One Love" avait été annoncé fin septembre à l'initiative d'un groupe de travail de l'UEFA (l'Union européenne des associations de football). Il encourage les capitaines des sélections européennes à arborer un brassard orné d'un coeur rempli de six bandes multicolores, mais qui diffère de celui du drapeau LGBT, en faveur de l'inclusion et contre les discriminations. Les capitaines des équipes de France, d'Angleterre, d'Allemagne, des Pays-Bas, du pays de Galles, de Belgique, du Danemark et de la Suisse devaient initialement porter ce brassard. Sauf que le capitaine des Bleus a opéré un étonnant revirement.

"Avant d'entreprendre des choses, il faut l'accord de la FIFA et de la Fédération. Sur ce dossier, j'ai mon opinion personnelle et ça rejoint un peu celle du président [de la FFF Noël Le Graët]", a ainsi déclaré le gardien des Bleus à l'Institut national du football de Clairefontaine. "Lorsqu'on accueille des étrangers en France, on a souvent l'envie qu'ils se prêtent à nos règles et respectent notre culture. J'en ferai de même lorsque j'irai au Qatar. Je peux être d'accord ou pas d'accord avec leurs idées mais je dois montrer du respect par rapport à cela", a-t-il poursuivi.

Un pays qui méprise les droits LGBT

Le Qatar s'était déjà opposé à la présence de drapeaux LGBT pendant la Coupe du monde. Le général Abdulaziz Abdullah Al Ansari, responsable de haut rang du ministère qatari de l'Intérieur chargé de la sécurité lors du tournoi de football, avait en effet annoncé en avril qu'ils pourraient être confisqués pour "protéger" les supporters et les supportrices.

Par cette déclaration, Hugo Lloris veut donc "montrer du respect" à un pays qui ne respecte pas les droits humains. En effet, au Qatar, les relations sexuelles entre personnes du même sexe sont passibles d'une peine de prison allant jusqu'à sept ans. Les personnes issues de la communauté LGBT+ sont encore victimes d'arrestations arbitraires basées uniquement sur leur apparence et/ou leur orientation sexuelle supposée. L'ONG Human Rights Watch dénonçait dans un récent rapport l'arrestation de six personnes LGBT+, qui auraient été violentées, et, pour certaines, "battues jusqu'au sang" pendant leur captivité par les autorités qataries.

En revanche, l'équipe de football des Etats-Unis a de son côté annoncé qu'elle porterait un brassard aux couleurs LGBT et a remanié son logo en ce sens. L'équipe des USA affichera aussi les couleurs arc-en-ciel au sein de son centre d'entraînement, à l'Al-Gharafa Stadium d'Ar-Rayyan.

Les Bleus en mode "damage control"

"On ne peut pas rester insensible à ces questions. Quelque chose sera fait dans quelques heures, quelques jours. Je ne peux pas vous répondre maintenant, mais quelque chose va être mis en place et vous serez tenus au courant. Maintenant, on en demande de plus en plus aux joueurs, chacun est libre de s'exprimer et de défendre ses opinions, mais je crois qu'il faut garder le focus sur le jeu", a déclaré Hugo Lloris.

Suite à cette prise de parole polémique, les Bleus ont en effet annoncé ce mardi 15 novembre dans un communiqué très "damage control" leur intention "de soutenir les ONG qui oeuvrent pour la protection des droits humains, au travers du fonds de dotation Génération 2018 auquel tous les joueurs de la sélection 2022 et les membres du staff sont associés".

"Nous sommes aussi conscients que le football a une responsabilité à assumer pour veiller aux respects des droits humains comme de notre environnement, et que chacun de nous doit prendre sa part", peut-on également lire. Une prise de risque fort limitée qui ne saurait effacer le refus de porter le brassard arc-en-ciel si symbolique.

Par Maïlis Rey-Bethbeder | Rédactrice
Maïlis Rey-Bethbeder aime écrire, le café, traîner sur les réseaux sociaux et écouter de la musique. Sa mission : mettre en lumière les profils, les engagements et les débats qui agitent notre société.
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