Dans les manuels de CP, les clichés sexistes ont la peau dure

Les clichés sexistes encore très vivaces dans les manuels scolaires
Les clichés sexistes encore très vivaces dans les manuels scolaires
Une nouvelle étude publiée ce mardi 6 octobre par le centre francilien de ressources pour l'égalité hommes-femmes révèle que les femmes sont encore largement sous-représentées et victimes de clichés sexistes dans les manuels de lecture du CP.
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Dans les manuels de CP, on compte en moyenne 2 femmes pour 5 hommes, et, la plupart du temps, celles-ci sont encore largement cantonnées aux tâches domestiques. Une étude publiée ce mardi 6 octobre par le centre Hubertine Auclert, ou centre francilien de ressources pour l'égalité hommes-femmes, et réalisée à partir de l'analyse de 22 manuels de CP témoigne de la sous-représentation des femmes ainsi que de la persistance de stéréotypes sexistes dans les livres scolaires.

Les femmes et les petites filles à la maison

Celles-ci prennent plusieurs formes. D'abord, dans la langue : le masculin est en effet présenté la plupart du temps comme la forme régulière, et s'agissant par exemple d'un métier, "professeur" sera quasi systématiquement préféré à "professeure". Par ailleurs, les petites filles et les femmes représentées dans les manuels sont souvent montrées à la maison, comme si les fillettes ne jouaient qu'à l'intérieur et que les tâches domestiques étaient réservées aux femmes. De fait, les femmes représentent 70% des personnages qui font la cuisine et le ménage, et 85% des personnages qui font les courses dans ces livres.

Pis, les femmes sont facilement exclues du monde du travail dans les représentations des livres en question. Seuls 22% de femmes ont un métier contre 42% pour les hommes dans les manuels passés au peigne fin. Ne parlons pas des carrières scientifiques, interdites aux femmes à en croire ces livres : seulement 3% des femmes exercent un métier scientifique. Enfin dans le domaine de l'imaginaire, ce sexisme également a cours puisque l'étude note que les petites filles sont vouées à devenir des "princesses" ou des "sorcières", quand les garçons peuvent tous aspirer à devenir des "rois".

Quelles valeurs transmet-on aux élèves ?

Fort de ce constat peu réjouissant, le centre Hubertine Auclert émet des recommandations pour lutter contre cette sous-représentation et ces stéréotypes au sujet des femmes et faire des livres scolaires des outils de transmission de l'égalité entre les femmes et les hommes.
Car, comme l'explique Amandine Berton-Schmitt, co-auteure de l'étude interviewée par L'Express , "les manuels scolaires sont des vecteurs de savoirs, mais aussi de valeurs". Et celle-ci d'ajouter : "Avec cette étude, nous souhaitons interpeller les auteurs de manuels, les éditeurs, mais aussi les enseignants: quelles valeurs souhaitent-ils transmettre aux élèves?".

Depuis 2011, le Centre Hubertine Auclert publie chaque année une étude sur les livres scolaires. Après les manuels de mathématiques, d'histoire et de français du secondaire, il a décidé cette année d'étudier les manuels de CP.