Dépression saisonnière : "J'ai passé la moitié de l'année à avoir envie de mourir"

"J'ai passé la moitié de ma vie à avoir envie de mourir" : une victime de dépression saisonnière témoigne
"J'ai passé la moitié de ma vie à avoir envie de mourir" : une victime de dépression saisonnière témoigne
Mélancolie soudaine, baisse de libido, fatigue extrême, anxiété... Selon les experts, entre 4 et 6% de la population française souffrirait avec l'arrivée de l'hiver de dépression saisonnière. Un état dépressif souvent pris à la légère qui peut, dans des cas extrêmes, peut provoquer des pensées suicidaires.
A lire aussi

Si chaque année, avec l'arrivée de l'automne et de l'hiver, vous le sentez venir : ce petit coup de blues qui vous rend mélancolique et vous sape toute énergie. Si c'est le cas, vous souffrez certainement de trouble affectif saisonnier, également connu sous le terme de dépression saisonnière.

Souvent sous-estimée, rarement considérée comme une véritable dépression en raison de son caractère éphémère, la dépression saisonnière touche, selon les experts scientifiques, entre 4 et 6% de la population française. En cause ? La baisse de luminosité en automne et en hiver, qui perturbe le rythme circadien de notre corps et dérègle notre horloge biologique. Les symptômes, eux, sont proches de ceux de la dépression : fatigue extrême, mélancolie, baisse de la libido, anxiété, troubles du sommeil et de l'appétit, léthargie constante... À une exception près toutefois : ils disparaissent dès le retour des beaux jours.

Les femmes particulièrement touchées

Aussi éphémère soit-elle, la dépression saisonnière est pourtant bien réelle et ne doit pas être minimisée. Touchant principalement les femmes – 75% d'entre elles disent en souffrir – et les enfants, le trouble affectif saisonnier peut être terrible pour les personnes à forte réactivité émotionnelle.

C'est le cas de Jenny Scott Thompson. Dans un article paru sur le site du quotidien britannique The Telegraph, la jeune femme de 28 ans raconte être sujette à la dépression saisonnière depuis son adolescence. Diagnostiquée par son médecin généraliste après des années de souffrance, elle suit depuis un traitement à base de luminothérapie. "Elle m'a recommandé une light box et des vacances au soleil l'hiver et pour la première fois en six ans je me suis sentie légère de septembre à avril, sans me sentir suicidaire du tout. Soudain, je pouvais être productive tout au long de l'hiver. Ce n'est qu'après ce changement que j'ai réalisé à quel point j'avais passé la moitié de l'année à me haïr et à vouloir mourir."

Comment lutter contre la dépression saisonnière ?

Pour mettre fin à la dépression saisonnière, la luminothérapie est en effet recommandée. Délivrée sur avis médical, elle affiche des taux de réussite pouvant atteindre 75%. Le principe ? S'exposer le matin au moins 30 minutes à une forte lumière, naturelle ou artificielle, au moyen d'une lampe de 10 000 lux placée à 30 centimètres du visage. Cela "permet de resynchroniser l'horloge biologique interne. Encore faut-il le faire chaque jour pendant au moins six semaines, le plus souvent pendant les trois mois de l'automne", conseille le Dr Laurent Chneiweiss, psychiatre à Paris et co-auteur du livre En finir avec le blues de l'hiver et les troubles du rythme veille sommeil (Éd. Marabout).

Une thérapie cognitivo-comportementale peut également être utile pour lutter contre l'état dépressif. Enfin, il est recommandé de pratiquer une activité physique (de préférence le matin et en extérieur) pour garder la forme et le moral.

Les dossiers