Et si on arrêtait d'assigner le genre masculin ou féminin à la naissance ?

Et si on arrêtait d'assigner le genre masculin ou féminin à la naissance ?
Et si on arrêtait d'assigner le genre masculin ou féminin à la naissance ?
L'assignation du genre à la naissance a longtemps été une évidence, elle est aujourd'hui plus que jamais contestée. C'est ce que démontre un récent rapport des médecins américains.
A lire aussi

Supprimer les notions "masculin" et "féminin" des certificats de naissance ? Voilà une idée on ne peut plus d'actualité à l'heure où la voix des personnes non-binaires investit de plus en plus l'espace public et médiatique. Pour rappel, la non-binarité est le fait de refuser d'être catégorisé·e comme "homme" ou "femme" dans la société. Et de fait, de s'émanciper des stéréotypes et injonctions relatifs aux genres susmentionnés. De nombreuses célébrités aujourd'hui sensibilisent l'opinion à leur non-binarité et à ses enjeux.

D'où l'importance d'envisager sous une nouvelle forme les certificats de naissance. Comme le détaille le média The Lily, les voix scientifiques elles-mêmes, celles de l'American Medical Association (la plus importante association de médecins et d'étudiants en médecine des États-Unis), envisagent d'ailleurs cette problématique sociétale. A travers un rapport récent, le comité consultatif LGBTQ de l'AMA évoque ainsi la suppression des notions de genre sur lesdits certificats de naissance. Selon le rapport, l'attribution du sexe à la naissance du bébé serait trop réductrice et "ne prendrait pas en considération le spectre médical de l'identité de genre".

Le rapport fustige de plus "une vision binaire" du genre, et le fait que cette binarité aboutisse à une forme de "marginalisation et de minorisation" des individus dans la société. En somme, la binarité des genres serait vectrice de discriminations diverses, selon le rapport. Une réflexion importante.

Un vrai enjeu de société

"C'est une idée profondément stimulante. D'autant plus que si les gens sont toujours attachés à une vision binaire du genre, ils trouveront d'autres moyens de déterminer ces choses qu'à travers l'acte de naissance", a déclaré en retour V. Varun Chaudhry, professeur adjoint d'études sur les femmes, le genre et la sexualité à l'Université de Brandeis, dans le Massachusetts. V. Varun Chaudhry voit là un moyen de reconnaître de manière institutionnelle "la diversité des corps", énonce encore l'enseignant à The Lily. Un processus inclusif donc.

Reconnaître la diversité, et éviter de lourdes démarches administratives aux personnes concernées, non-binaires et transgenres par exemple, pour qui la modification d'un document aussi important que l'acte de naissance est un véritable parcours du combattant, qui prend beaucoup de temps, et peut évidemment varier d'un Etat à l'autre. D'autant plus que cette démarche administrative serait pertinente dans une nation comme les Etats-Unis, où l'on dénombrerait pas moins de 1,2 million d'adultes LGBTQ non-binaires, détaille le site. Et où 15 Etats autorisent déjà les individus à inscrire un "X" non-genré sur le certificat de naissance de leurs enfants.

"La fin de l'assignation du genre masculin ou féminin à la naissance serait un obstacle de moins que nos futurs enfants devront surmonter", assure encore V. Varun Chaudhry, qui néanmoins déplore : "Cependant, les gens sont toujours vraiment attachés à un modèle sexuel binaire". Une binarité traditionnelle et profondément ancrée dans un système global. Si les consciences s'éveillent de plus en plus, comme le suggère l'évocation d'un tel sujet au sein de la prestigieuse American Medical Association, faire bouger les lignes sera donc loin d'être évident.