L'épilation à la lumière pulsée dangereuse ? Les autorités sanitaires alertent

L'épilation à la lumière pulsée dangereuse ? Les autorités sanitaires alertent
L'épilation à la lumière pulsée dangereuse ? Les autorités sanitaires alertent
"Ces appareils ne sont pas anodins pour la santé". Dans un rapport du 9 septembre, l'Agence nationale de sécurité sanitaire alerte sur les effets indésirable de l'épilation définitive à la lumière pulsée, et appelle à un meilleur encadrement de la pratique.
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C'est l'alternative moins onéreuse à l'épilation au laser. L'épilation définitive à la lumière pulsée (IPL) consiste à envoyer un faisceau concentré de lumière sur le poil, sa chaleur permettant de détruire son bulbe, de le faire tomber et finalement d'en éviter la repousse. D'abord réservée aux médecins et dermatologues, la technique a gagné les instituts de beauté, les cabinets d'infirmier·e·s et même aux particuliers, puisqu'il est désormais possible d'y avoir recours chez soi, par le biais d'appareils.

La promesse est belle : si l'on désire contrôler sa pilosité, voire s'en débarrasser pour toujours, pas besoin de quitter son salon ni de dépenser une somme exorbitante. Seulement la réalité, elle, serait tout autre. Ainsi, un rapport de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) paru le 9 septembre dernier prévient quant aux conséquences d'une telle utilisation. Et surtout, de sa facilité d'accès. "Ces appareils ne sont pas anodins pour la santé", martèlent ces conclusions d'une observation rigoureuse.

Sensations de brûlure, lésions oculaires...

La liste des effets indésirables est longue et varie de quelques troubles mineurs à des conséquences plus graves. Douleurs, érythèmes, sensations de brûlures, ou plus sévère : lésions oculaires, troubles de la pigmentation et un potentiel retard de diagnostic de cancer de la peau, la lumière pulsée pouvant "dénaturer la couleur des lésions précancéreuses", précise l'Anses.

Auprès de LCI, le dermatologue Jean-Michel Mazer détaille encore : "Il y avant tout un risque de brûlure, parce que c'est un effet thermique qui n'est pas totalement maitrisé. On voit parfois même des brulures du second degré. Le deuxième, c'est un risque oculaire. Traiter près des sourcils expose à un risque pour la rétine par exemple, même quand on protège bien les yeux".

La solution ? Mieux former les praticien·ne·s, conditionner la mise sur le marché des appareil et enfin, informer les client·e·s de manière complète et transparente.

Réglementer et prévenir, plutôt que guérir

"Le fonctionnement et les principes d'interaction avec la peau peuvent être méconnus ou mal compris par certains professionnels et par les particuliers. Il est donc nécessaire de mieux encadrer le marché des appareils et l'utilisation de cette technologie pour en limiter les effets indésirables", insiste notamment Rémi Poirier, coordinateur de l'expertise à l'Anses, dans un communiqué. L'agence indique qu'il est par exemple indispensable de porter des lunettes de protection, mais aussi d'attendre un mois entre chaque séance.

Cela passe également par en déconseiller l'usage dans certains cas. Aux personnes de moins de 15 ans, à celles ayant déjà contracté du psoriasis ou toute autre maladie de peau, aux client·e·s qui suivent un traitement médicamenteux anticoagulant, et à tous et toutes l'épilation des sourcils.

Preuve que les recommandations de l'organisme public sont pertinentes, Emilie Patureaux, gérante d'un institut de beauté, confie à LCI les partager. "Il faut que, tout simplement, les centres ou les instituts de beauté prennent des appareils aux normes européennes, avec un marquage CE médical, et ça, ça passe directement par le fournisseur, avec une obligation pour ce fournisseur d'appliquer les formations adéquates pour tous les salariés de l'institut". Le gage d'une pratique sûre et contrôlée.