Société
Un tableau de Manet épinglé pour "misogynie" dans un musée de Londres
Publié le 12 avril 2022 à 16:34
A la fameuse Courtauld Gallery de Londres, un célèbre tableau de Manet a été épinglé pour "misogynie". Cette oeuvre d'art témoignerait d'un indéniable "male gaze".
Un tableau de Manet épinglé pour "misogynie" dans une galerie londonienne Un tableau de Manet épinglé pour "misogynie" dans une galerie londonienne

La Courtauld Gallery, très beau musée situé dans le centre de Londres, a fait l'objet de critiques après voir épinglé un message à côté du célèbre tableau du peintre français Edouard Manet, "Un bar aux Folies-Bergère" (1882). L'inscription en question ? "Misogynie". Une manière d'alerter le public quant au "male gaze" ou "regard masculin" qui peut s'observer sur certaines oeuvres d'art - autrement dit, le regard sexualisant et/ou stéréotypé que portent bien trop souvent les artistes masculins sur les femmes, leur désir et leur corps, des peintures aux films.

Dans le tableau de Manet, on voit un homme (un client) observant l'une des serveuses du célèbre cabaret parisien, à travers un miroir.

Certains, observe le Daily Mail, ont perçu dans cette démarche un nouveau fait de la "culture woke" ou de la "bien-pensance", termes habituellement employés par les médias ou intellectuels conservateurs.

de la même façon, un tableau de Paul Gauguin, datant de 1897, a également été enrichi d'une inscription, apportant un regard critique et féministe. Un panneau indique effectivement que l'oeuvre du peintre représenterait "l'un des nombreuses adolescentes que l'artiste a pris comme épouse".

Exploitation, racisme et sexisme

La note d'intention de ces mises à jour ponctuant la Courtauld Gallery semble donc d'éveiller les visiteurs aux points de vue et biographies critiquables des peintres représentés (et glorifiés) au fil des tableaux. Utile pour permettre, notamment aux étudiants et étudiantes en art, de conserver un certain recul critique ?

Possiblement. L'annotation ajoutée au tableau de Manet met en évidence le regard jugé "dérangeant" de l'un des personnages masculins mis en scène, soulignant l'exploitation possible de la serveuse des Folies-Bergère par les clients masculins.

De même, le musée londonien tiendrait à éveiller l'audience "au fantasme raciste et répandu des filles tahitiennes perçues comme sexuellement précoces" et à "leur exploitation éhontée" observable à travers certaines oeuvres polémiques de Paul Gauguin. Des critiques qui ne se sont pas passées inaperçues.

Par Louise Col | Journaliste
Louise Col, journaliste spécialisée dans les sujets de société sur le site terrafemina.com
Mots clés
Société Culture expo art News essentielles sexisme
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