Faire visiter des abattoirs aux enfants, une bonne idée ?

Faire visiter des abattoirs aux enfants, une bonne idée à importer ?
Faire visiter des abattoirs aux enfants, une bonne idée à importer ?
Un présentateur de télévision britannique suggère d'organiser des sorties scolaires pour faire visiter les abattoirs aux enfants. Une manière de dénoncer l'hypocrisie de l'industrie alimentaire qui nous vante les mérites de consommation de viande, tout en nous cachant les conditions cruelles dans lesquelles les animaux sont élevés.
A lire aussi
La "ronron thérapie" dans les écoles, une bonne idée ?
News essentielles
La "ronron thérapie" dans les écoles, une bonne idée ?

"Si les murs des abattoirs étaient en verre, tout le monde serait végétarien", clamait le chanteur Paul McCartney en 2013 dans une vidéo choc réalisée par l'association de défense des animaux PETA (People for the Ethical Treatment of Animals).

Très engagé dans le végétarisme, l'ex-Beatles n'est pas la seule personnalité british à militer pour dissuader le public de consommer de la viande. Tom Heap, présentateur de l'émission environnementale Countryfile diffusée sur la BBC, a récemment suggéré que les enfants prennent conscience des conditions dans lesquelles les animaux qu'ils mangent sont réellement traités.

L'animateur télé a notamment proposé que les enfants soient emmenés dans les abattoirs qui devraient selon lui être ouverts à tous afin que le public puisse mieux comprendre ce qui se passe à l'intérieur de leurs murs. "Je pense honnêtement que les abattoirs, l'élevage intensif des poulaillers ou les porcheries surpeuplées devraient être ouverts au public. Les écoles devraient être encouragées à les faire visiter dans le cadre de leur programme d'études", écrit-il dans Radio Times.

"Il pourrait y avoir des tunnels transparents, comme dans un aquarium, à travers la ferme ou à travers le salle de transformation de la viande, pour une belle journée en famille avant de manger une tarte au porc ou des pépites de poulet au café. Ou alors une salade", ajoute-il ironiquement.

Sensibiliser le grand public à la réalité du quotidien des animaux dans les abattoirs pourrait en effet s'avérer une manière efficace de combattre l'hypocrisie des campagnes marketing de l'industrie alimentaire voulant nous faire croire que les animaux que l'on mange sont bien traités. Comme le note The Guardian, l'enseigne McDonald's va par exemple jusqu'à glisser une vache souriante en plastique dans les menus Happy Meal avec laquelle les enfants vont jouer, tout en dégustant leur hamburger.

Boycott du jambon de Parme

Ces dernières années, de nombreuses actions militantes ont été entreprises afin de dénoncer les traitements cruels infligés aux animaux dans les abattoirs. Entre 2009 et 2016, le groupe de protection sociale Animal Aid a filmé en caméra cachée à l'intérieur de 11 abattoirs britanniques choisis au hasard et a révélé des preuves évidentes de cruauté dans 10 d'entre eux.

En mars dernier, un collectif européen d'associations de défense pour les animaux a diffusé une vidéo choc afin de dénoncer les conditions déplorables d'élevage de cochons dans le Nord de l'Italie, dont est issu le célèbre jambon de Parme. Les cochons que l'on aperçoit dans cette vidéo sont élevés dans des conditions d'hygiène épouvantables, et certains sont gravement malades. La majorité d'entre eux ont subi une ablation de la queue.

Les associations en appellent à la sensibilité des consommateurs et les incitent à boycotter le jambon de Parme. "Le jambon de Parme est le résultat d'une grave souffrance animale. Il est grand temps que les consommateurs ouvrent les yeux : le jambon de Parme n'a rien d'un produit prestigieux", signale le président de l'association.

65 milliards d'animaux tués dans le monde entier

En décembre 2017, l'ONG Greenpeace alertait sur les trop grandes quantités de viande servies dans les cantines scolaires en France. Alors que plus d'un milliard de repas sont distribués chaque année à 6 millions d'élèves en France, les enfants âgés de moins de 10 ans consommeraient environ 55 grammes de protéines par jour, soit entre 200 et 400% de plus que les apports préconisés par l'Anses.

Selon des chiffres de la Fédération Française de la Protection Animale, 3 millions d'animaux sont tués dans les abattoirs par an en France pour notre alimentation. Dans le monde, ce chiffre s'élève à 65 milliards d'animaux tués chaque année.