Pascale Boistard : "Il y a en France des zones où les femmes ne sont pas acceptées et respectées"

La secrétaire d'État aux Droits des femmes Pascale Boistard a évoqué lors de plusieurs interviews la réduction de la place des femmes dans l'espace public. Etablissant un lien entre la défense des femmes et la laïcité, cette dernière a dénoncé la "chape de plomb" imposée par la religion.
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Alors que le scandale des agressions sexuelles à Cologne et d'autres villes d'Allemagne a braqué un projecteur sur les violences dont les femmes sont victimes dans l'espace public, Pascale Boistard, la secrétaire d'État aux Droits des femmes, a lancé le deuxième plan de lutte contre le harcèlement dans les transports fin janvier.

Interviewée dans les médias, la députée de la Somme en a profité pour relier la défense des droits des femmes à la défense de la laïcité en abordant notamment les difficultés que rencontrent les femmes dans certains quartiers.

"Ce qui me revient du terrain via les associations, mais aussi ce que je peux constater en tant qu'élue, et en tant que citoyenne, c'est que la question de la place des femmes dans l'espace public, notamment, est un sujet dont personne ou presque ne parlait et qui pourtant est extrêmement fort depuis une dizaine d'années", a déclaré Pascale Boistard lors d'une interview au magazine Marianne.

Avant de préciser : "Il y a sur notre territoire des zones où les femmes ne sont pas acceptées, où elles ne sont pas respectées, et où elles sont quasiment obligées de vivre avec cette donnée comme un désagrément du quotidien." Pour la secrétaire d'État aux Droits des femmes, il faut dénoncer le fait que les femmes soient cantonnées à certains lieux : "Est-il normal que dans certains endroits, vous ne trouviez aucune femme dans les cafés ?", interroge-t-elle.

Sur France Inter, où elle était invitée ce dimanche, Pascale Boistard a estimé par ailleurs que la "sphère religieuse" s'est "emparée de l'espace public" dans certains quartiers défavorisés, imposant une "chape de plomb" aux filles. Pour autant, la secrétaire d'État aux Droits des femmes, qui précise qu'elle a fait toute sa scolarité dans des quartiers populaires, refuse d'incriminer spécifiquement l'Islam. "Il y a eu ce phénomène, cette morale, il y a longtemps en France, qui n'était pas issue de la religion musulmane. Les droits des femmes ont toujours été une lutte contre une chape de plomb de toutes les religions", a souligné la membre du gouvernement.

Interrogée à son tour ce mercredi sur France Inter au sujet du lien établi par Pascale Boistard entre la lutte pour les droits des femmes et la défense de la laïcité, Ségolène Royal a renvoyé la secréraire d'État aux Droits des femmes dans les cordes. "Il faut arrêter avec toutes ces polémiques sur la laïcité, la loi de 1905 est extrêment claire, et il y a d'autres priorités sur le droit des femmes. Les violences conjugales, les violences dans la rue, les violences intra-familiales (...). Le second point sont les inégalités salariales, ce sont aussi des vrais combats dans l'entreprise", a déclaré la ministre de l'Écologie.