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“Dé-glamourisée au possible” : que vaut le nouveau Sydney Sweeney, où le sex symbol est méconnaissable ?
Publié le 6 mars 2026 à 20:00
Sydney Sweeney est méconnaissable dans Christy, le biopic de la boxeuse lesbienne Christy Martin, à découvrir depuis mercredi en salles. Entraînements physiques intenses, training de boxe, changement total de look, dé-glamourisation au possible…
“Dé-glamourisée au possible” : que vaut le nouveau Sydney Sweeney, où le sex symbol est méconnaissable ?
“Dé-glamourisée au possible” : que vaut le nouveau Sydney Sweeney, où le sex symbol est méconnaissable ? Sydney Sweeney est méconnaissable dans Christy, le biopic de la boxeuse lesbienne Christy Martin, à découvrir depuis mercredi en salles. Entraînements physiques intenses, training de boxe, changement total de look, dé-glamourisation au possible… L’actrice a vécu une drôle d’année. Moult polémiques et controverses sont venues la noyer dans une gigantesque vague de bad buzz incessants. Celle qui hier était une icône trash et gentiment progressiste, est devenue un étendard de l’Amérique trumpiste, entre publicité ambiguë et hyper-sexualisation de sa personne. Dans ce charivari d’opinions exacerbées, Sydney Sweeney a défendu le rôle d’une vie : celui de cette championne de boxe, la première en son domaine, lesbienne condamnée à rester dans le placard, qualifiant ses adversaires de “gouines”, mariée à son coach, victime de violences conjugales, qui suite à son coming out et sa séparation (dont on ne vous dévoilera pas les détails, forts en violences sordides), s’érigera en porte-parole des femmes battues. Christy Martin est fascinante sur le papier. Elle met K.O. ses antagonistes sur le ring mais est littéralement étouffée par son mari au quotidien, qui ne cesse de la battre et de l’isoler - comme sur un ring, donc. Alors même que son métier, à elle, qui la rendre riche, consiste à frapper des femmes. Christy Martin devient un role model, une source d’inspiration pour celles-ci, en entrant dans l’Histoire du sport féminin. Mais va se voir obligée de défendre la vision “tradwive” d’une certaine Amérique qui la méprise pourtant : foyer, photos dans la cuisine pour plaire aux familles “traditionnelles”, mari, voitures de luxe rose bonbon, garde-robe digne d’une poupée Barbie. La lesbophobie dont elle est victime est d’ailleurs l’un des grands thèmes du biopic qui puise dans toute cette matière.

Sydney Sweeney est méconnaissable dans Christy, le biopic de la boxeuse lesbienne Christy Martin, à découvrir depuis mercredi en salles. Entraînements physiques intenses, training de boxe, changement total de look, dé-glamourisation au possible…

L’actrice a vécu une drôle d’année. Moult polémiques et controverses sont venues la noyer dans une gigantesque vague de bad buzz incessants. Celle qui hier était une icône trash et gentiment progressiste, est devenue un étendard de l’Amérique trumpiste, entre publicité ambiguë et hyper-sexualisation de sa personne. 

Dans ce charivari d’opinions exacerbées, Sydney Sweeney a défendu le rôle d’une vie : celui de cette championne de boxe, la première en son domaine, lesbienne condamnée à rester dans le placard, qualifiant ses adversaires de “gouines”, mariée à son coach, victime de violences conjugales, qui suite à son coming out et sa séparation (dont on ne vous dévoilera pas les détails, forts en violences sordides), s’érigera en porte-parole des femmes battues. Christy Martin est fascinante sur le papier. Elle met K.O. ses antagonistes sur le ring mais est littéralement étouffée par son mari au quotidien, qui ne cesse de la battre et de l’isoler - comme sur un ring, donc. Alors même que son métier, à elle, qui la rendre riche, consiste à frapper des femmes. 

Christy Martin devient un role model, une source d’inspiration pour celles-ci, en entrant dans l’Histoire du sport féminin. Mais va se voir obligée de défendre la vision “tradwive” d’une certaine Amérique qui la méprise pourtant : foyer, photos dans la cuisine pour plaire aux familles “traditionnelles”, mari, voitures de luxe rose bonbon, garde-robe digne d’une poupée Barbie. La lesbophobie dont elle est victime est d’ailleurs l’un des grands thèmes du biopic qui puise dans toute cette matière. 

Et cela est-il aussi vertigineux, justement, à l’écran ? Pas totalement : très conventionnelle, l’oeuvre où Sydney Sweeney est de tous les plans n’étonne pas comme l’anti-biopic où à l’inverse elle excelle, le trop méconnu Reality, sorti il y a deux ans. 

Le récit va vite s’attarder sur les violences subies par la sportive, plutôt que sur ses exploits physiques, une initiative salutaire, mais traitée avec un manque d’intensité, et d’incarnation, que l’on regrette, lors de certaines séquences que l’on souhaiterait plus viscérales et déchirantes. Néanmoins, la comédienne, qui n’a jamais été aussi décriée et raillée, s’avère plutôt crédible dans les oripeaux de la boxeuse émérite. 

Sa performance a d’ailleurs largement été saluée par la vraie Christy Martin. 

L'œuvre aura aussi le mérite, justement, de mettre en lumière ce destin que le public hexagonal connaît peu. Et à l’heure où les violences anti-queer s’exacerbent, de rappeler à quel point l’Amérique, et pas juste celle d’hier, mais celle d’aujourd’hui, fait des personnes homosexuelles ses permanents bouc émissaires, envisagés comme des épouvantails. Chose qui ne manque guère d’ironie : Christy Martin finira par épouser l’une de ses combattantes de ring. 

Et Sydney Sweeney de connaître d’identiques victoires alors que le public ni la presse ne s’exercent à ménager la superstar ? 

On est pas vraiment optimiste à ce sujet : si la marque de lingerie récemment lancée du sex symbol fait beaucoup parler d’elle via les campagnes très remarquées de l’actrice, égérie de sa propre ligne sulfureuse, Christy que beaucoup envisageaient comme le film à Oscars parfait fut un désastre au box office américain et l’on ignore si les spectateurs français seront beaucoup plus curieux. Alors que le portrait de femme, à la fois cru et badass, vaut le coup d’oeil.

Par Clément Arbrun | Journaliste
Passionné par les sujets de société et la culture, Clément Arbrun est journaliste pour le site Terrafemina depuis 2019.
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