Nicola Coughlan est l’une des actrices les plus iconiques des Chroniques des Bridgerton. Comédienne “plus size”, victime de grossophobie, elle refuse cependant d’être associée au mouvement body positive, qui défend la diversité des corps. Pourquoi ?
La jeune comédienne est connue pour son aura de role model, inspirant les quantités de fans et femmes ravies de voir une silhouette émancipée des diktats de beauté et des conventions, bien souvent inatteignables. Nicole Coughlan s’amuse à l’unisson d’être devenue un emblème, elle qui considère que son corps est loin d’être réellement “plus size”. Il faut dire qu’il fut un temps, Bridget Jones était considérée comme une femme grosse.
Les temps changent mais jamais la grossophobie, cette discrimination et stigmatisation qui passe autant par le traitement des personnes concernées dans l’espace public, que par leur représentation dans la culture populaire. C’est pour cela qu’a été initié le mouvement body positive.
Particulièrement vif dans les années 2010, avec l’avènement de plateformes comme Instagram, cruciales pour la portée de ce que l’on appelle le “pop féminisme” (qui passe par les icônes pop, les hashtags, les mouvements égalitaires en ligne, les réseaux sociaux), le body positivism eut par le passé de nombreuses porte-paroles, comme la mannequin Ashley Graham, fustigeant volontiers par sa seule présence un milieu où d’irréalistes diktats font encore normalité.
Le mouvement body positive incarne un combat au quotidien pour la diversité des corps et l’inclusion, dénonçant par là-même le sexisme que subissent de nombreuses femmes - il fut un temps, des reines comme Britney Spears et Mariah Carey était passées au crible dans la presse à chaque kilos pris. Oui mais voilà, très peu de tout cela pour Nicola Coughlan, qui s’est exprimée à ce sujet. Dans une toute nouvelle interview, la révélation réjouissante de Bridgerton explique n’avoir que faire de la militance body positive. “Je m’en fiche”, s’exclame-t-elle en toute sincérité.
Trop honnête ? Lasse de se voir incessamment ramenée voire réduite à son corps et à ses formes ? Souhaitant s’émanciper pour de bon des discours qui la relient à ses courbes, trop fétichisées ? Les raisons de refuser toute notion “politique” semblent nombreuses.
“Les gens ont parlé du fait que j’étais ronde, et je me suis dit : “On est vraiment dans le pétrin, non ? Je suis la femme la plus grosse que vous ayez envie de voir à l’écran !”, énonce-t-elle, ajoutant encore : “Ce que je dis parfois et qui agace les gens, c'est que je ne m'intéresse pas au mouvement body positive”. Et l’actrice épilogue pour préciser son opinion à ce sujet : “Je ne regarde pas les acteurs en me focalisant sur leur physique. Donc, franchement, ça m'est égal.”.
Voilà qui est dit.
Et la superstar de détailler encore avec l’ironie qui ne ressemble qu’à elle, franche du collier : “Je me souviens d'une fille complètement ivre qui m'a parlé dans des toilettes et qui m'a dit : « J'ai adoré [Bridgerton] à cause de ton physique. » Et elle a commencé à parler de mon physique, et moi j'étais là, genre : « J'ai envie de mourir. Je déteste ça tellement… » C'est vraiment dur quand on travaille sur quelque chose pendant des mois et des mois de sa vie, qu'on ne voit pas sa famille, qu'on se consacre entièrement à ça et qu'au final tout se résume à son apparence — c'est tellement chiant.”. Un point de vue intéressant. Qui doit forcément résonner collectivement, pour tous ceux qui au fond refusent avant tout les étiquettes.
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