Faut-il interdire les crèmes solaires pour sauver nos océans ?

Faut-il interdire les crèmes solaires pour sauver nos océans ?
Faut-il interdire les crèmes solaires pour sauver nos océans ?
Hawaï pourrait devenir le premier état américain à bannir les crèmes solaires. La composition chimique de certains de ces produits représente en effet une véritable menace pour les récifs coralliens et les espèces marines.
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L'été n'est plus très loin. Dans certaines régions du monde, la météo est déjà au beau fixe. C'est par exemple le cas à Hawaï, qui affiche actuellement une température comprise entre 26 et 28 C°. L'île envisage d'ailleurs d'interdire l'usage de certaines crèmes solaires.

Le projet de loi, qui a été voté par l'assemblée législative de l'État d'Hawaï mardi 1er mai, recommande une interdiction des crèmes solaires qui contiennent de l'oxbenzone et de l'octinoxate, qui devrait prendre effet en 2021, si le gouverneur David Ije donne son feu vert. Ces deux substances chimiques s'avèrent en effet très nocives pour les récifs coralliens et les espèces marines.

Très impliqué dans la préservation de la faune maritime, l'état d'Hawaï met déjà en place des campagnes de sensibilisation à destination des touristes à l'instar de leur compagnie aérienne nationale Hawaiian Airlines qui offre des échantillons de crèmes solaires dépourvus d'oxbenzone et d'octinoxate.

14 000 tonnes par an de crème solaire dans les océans

Selon une étude publiée en 2015 dans les Archives of Environmental Contamination and Toxicology, environ 14 000 tonnes de crème solaire se retrouvent chaque année dans les récifs coralliens du monde entier. Les concentrations les plus élevées d'écran solaire ont été trouvées sur des plages remplies de touristes, comme c'est le cas à Hawaï et dans les îles Vierges américaines.

Les scientifiques ont démontré dans leurs recherches que l'oxbenzone et de l'octinoxate décomposent le corail en le privant de ses nutriments et perturbent le développement des poissons et de la vie marine, comme les oursins et les algues. "Cela cause d'étranges déformations dans les tissus du corail et entraîne les larves à se recouvrir de leur propre squelette, dans leur propre cercueil", décrit Greg Daws, co-auteur de l'étude.

Une autre étude menée l'année dernière à Hawaï par l'association Haereticus Environmental Laboratory dans la baie de Hanauma a révélé que les quelque 2 600 visiteurs quotidiens moyens laissent environ 400 tonnes de crème solaire dans l'océan.

Privilégier les crèmes solaires à base de minéraux

D'autres études ont montré que la pollution des océans provient à la fois des personnes qui se tartinent le corps de crème solaire et des flux d'eaux usées qui sont expédiés dans la mer. "De plus en plus de gens se rendent compte qu'en rentrant chez eux et en prenant une douche, l'eau est traitée et rejetée dans l'océan", a expliqué la sénatrice hawaïenne porteuse du projet de loi Laura Thielen au site KHON2.

Heureusement, d'autres crèmes solaires qui ne contiennent ni oxbenzone ni octinoxate, sont disponibles sur le marché. Des ingrédients tels que l'oxyde de titane ou l'oxyde de zinc se révèlent par exemple tout aussi efficaces pour protéger la peau. De surcroît, ces crèmes solaires fabriquées à partir d'huiles végétales et de filtres minéraux présentent l'avantage d'être totalement biodégradables. Plusieurs marques les proposent, à l'instar de Evoa, Algotherm ou Alphanova.