Cisco sème le trouble dans la fusion Microsoft–Skype

Cisco sème le trouble dans la fusion Microsoft–Skype
Cisco sème le trouble dans la fusion Microsoft–Skype
Au mois de mai dernier, Microsoft annonçait sa volonté de racheter l’éditeur du client VoIP Skype pour 8,5 milliards de dollars. En octobre 2011, la Commission européenne a donné son feu vert puisqu’elle considérait que cette fusion « n'entraverait pas de façon significative le jeu d'une concurrence effective dans l'Espace économique européen ».
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Mercredi dernier, l’équipementier américain de télécoms Cisco a fait appel de l’autorisation accordée par la Commission européenne au sujet du rachat de Skype, leader de la téléphonie sur internet, par le géant Microsoft. Cisco ne veut pas s’opposer au rachat mais son but est d’imposer des conditions à Microsoft, notamment sur les normes en matière de voix et de vidéo. En d’autres termes, « Cisco ne s'oppose pas à la fusion mais estime que la Commission européenne aurait dû y mettre des conditions qui auraient assuré une meilleure interopérabilité des normes », comme le dit Martin de Beer, l’un des dirigeants du groupe.

Sur le site internet de Cisco, Martin de Beer a déclaré : « Imaginez comme il serait difficile d'appeler des gens si vous deviez vous limiter à ceux qui utilisent le même opérateur ou si votre téléphone ne pouvait appeler que certaines marques. Cisco veut éviter cet avenir aux télécommunications par vidéo ». Il a ajouté que « C’est pour cela que Cisco fait appel devant le Tribunal de l’autorisation donnée par la Commission à la fusion Microsoft-Skype ».


Malheureusement Cisco et ses 50 000 clients professionnels ne pèsent pas lourd face à Skype et ses 700 millions d’utilisateurs.


Actuellement, les clients de Cisco qui utilisent le service de visio-conférence WebEx ne sont pas en capacité de communiquer directement avec les utilisateurs de Skype, car ce dernier ne repose pas sur le protocole SIP. Il faut que Cisco accède à une passerelle tierce et couteuse.

Outre le protocole SIP, Skype n’intègre pas non plus le codec vidéo H.264. Il est donc impossible qu’une personne utilisant Cisco communique avec une personne utilisant Skype. Martin De Beer estime « que la Commission européenne aurait dû y mettre des conditions qui auraient assuré une meilleure interopérabilité des normes ».


Une bonne interopérabilité éviterait "qu'une entreprise unique puisse s'emparer de l'avenir des communications par vidéo", a-t-il précisé.


De son côté Microsoft s’est dit « confiant » en la décision de la Commission, chargée de la protection de la concurrence dans l’Union. Puisque « La Commission européenne a mené une enquête approfondie sur l'acquisition, dans laquelle Cisco a participé activement, et a approuvé l'accord dans une décision de 36 pages sans aucune condition. Nous sommes confiants dans le fait que l'appel sera levé sur la décision ».


Selon Robert Enderle, interrogé par l’AFP, Cisco serait intéressé par autre chose. Il déclare alors : « Ils essaient sans doute de mettre la pression sur Microsoft pour quelque chose qu'ils négocient mais on ne sait pas encore quoi ». L’analyste rappelle que « le marché de la vidéo par internet est plein de produits qui ne communiquent pas les uns avec les autres », les propos et l’action de Cisco n’a donc aucun sens pour lui.