Guillaume Musso : « 7 ans après… », un hommage à Hitchcock

Guillaume Musso : « 7 ans après… », un hommage à Hitchcock
Guillaume Musso : « 7 ans après… », un hommage à Hitchcock
Dans cette photo : Alfred Hitchcock
Divorcés depuis sept ans, Sebastian et Nikki ne pensaient pas devoir se réunir pour retrouver leur fils. Avec « 7 ans après… » (XO éditions), Guillaume Musso confirme son penchant pour le thriller à suspense, un genre qu’il a l’art d’adoucir grâce à des héros à fleur de peau. Interview.
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Terrafemina : On pourrait qualifier « 7 ans après... », votre dernier roman, de « thriller familial », tant les deux thèmes cohabitent. Etait-ce un choix de votre part, dès le départ, où les deux aspects se sont-ils imposés à vous pour cohabiter ?

Guillaume Musso : C’est un choix volontaire. J’avais envie de rendre un hommage à Hitchcock, avec ce couple ordinaire pris dans une situation qui le dépasse comme les personnages de « La mort aux trousses ». Je voulais aussi écrire une histoire sur les retrouvailles d’une famille, et mettre sous cloche deux personnalités entières, fortes et incompatibles, avec les étincelles que cela produit.

Tf. : Avez-vous beaucoup travaillé sur le rythme, dont les accélérations fulgurantes et les suspensions (notamment lors des scènes de couple) font le sel du roman ?

G. M. : En vieillissant, je lis de plus en plus de polars et je m’intéresse à la mécanique du suspense. Au gré des livres, j’ai acquis un certain savoir-faire dans mon écriture qui m’autorise plus de spontanéité. En fait j’ai moins le trac. Au bout de dix ans, quelque chose s’est détendu chez moi, le doute s’est estompé. Cette confiance me permet de me lancer plus vite dans l’écriture et de réussir une plongée en apnée dans ce roman que j’avais titré « 4 jours en octobre ».  L’intrigue se déroule sur un temps ramassé, il y a peu de recul et on est pris par l’enquête. Beaucoup de lecteurs m’ont dit qu’ils l’avaient lu en une fois.

Tf. : Un luthier célèbre et une artiste dans « 7 ans après... », un restaurateur et une fleuriste dans « L’Appel de l’ange », un écrivain en mal d’inspiration dans « La Fille de papier »… Comment choisissez-vous les professions de vos héros, toujours très romanesques ?

G. M. : Je m’inspire de personnes que je rencontre. J’ai eu l’occasion de visiter l’atelier de lutherie de Jean-Jacques Rampal à Paris il y a trois ans. C’est un endroit magnifique. En parlant avec ces artisans, j’ai réalisé que c’était sans doute l’une des dernières professions où l’on répète les mêmes gestes depuis plus de quatre siècles. C’est un métier hors du temps, fait pour le personnage de Sebastian, qui aspire au calme et à l’élégance. Nikki est plus spontanée, c’est une artiste Bohême, comme quelques-uns de mes amis qui sont dans l’expérimentation permanente au théâtre ou dans la peinture.

Tf. : Vous êtes depuis 2011 l’écrivain le plus lu en France. Est-ce pour vous une pression supplémentaire, ou au contraire un stimulant ?

G. M. : Tout ça c’est de l’écume, évidemment ce genre de « titre » fait plaisir. Mais l’écriture est une activité tellement prenante que cela dépasse l’idée de classement. Il ne s’agit pas de jouer à « celui qui pisse le plus loin », l’important c’est la confiance qui s’instaure entre mes lecteurs et moi.

Tf. : Après des années de bouderies, voire de mépris, la critique se fait plus tendre avec vous depuis quelques romans, notamment celui-ci. On connaît le rapport particulier que vous entretenez avec vos nombreux lecteurs mais cette reconnaissance de vos pairs compte-t-elle malgré tout ?

G. M. : Honnêtement mon but a toujours été d’écrire des romans de divertissement, assumés comme tels. J’ai été relativement épargné par rapport à d’autres, et je revendiquerai toujours mon statut de « raconteur d’histoires ». C’est vrai qu’aujourd’hui les critiques sont meilleures, ça fait plaisir mais ça ne me change pas la vie, et je n’en souffrais pas. Ce que j’aimerais surtout c’est durer. J’ai 37 ans, encore beaucoup d’envies et de projets, j’essaie d’explorer des choses différentes à chaque roman et j’espère continuer ainsi pendant 20 ans.

Tf. : Est-ce que vous avez en tête des projets d’écriture précis pour les 20 prochaines années ?

G. M. : J’aimerais me lancer dans une trilogie, ou simplement une histoire très dense en plusieurs tomes, mais je ne l’ai pas encore trouvée. En ce moment je travaille plutôt sur des histoires resserrées. J’ai aussi très envie de monter une pièce de théâtre. J’ai failli le faire avec « La fille de papier », mais là encore il faut trouver la bonne histoire. J’ai beaucoup d’amis dans le théâtre et ce milieu me fascine. Le spectacle vivant c’est autre chose que le cinéma, quelque chose de différent se passe chaque soir. Je suis aussi un fou de comédies musicales, dès que je suis à New York, je vais à Broadway au moins une fois.

Tf. : Lisez-vous vos condisciples de la « liste des 10 » publiée par Le Figaro (Levy, Pancol, Foenkinos, Vargas, Vigan, Rosnay, Nothomb, Chattam ou Bourdin) ?

G. M. : Oui quelques uns, récemment j’ai beaucoup aimé Delphine de Vigan, « Rien ne s’oppose à la nuit », « Une femme fuyant l’annonce » de David Grossman. Je lis tous les livres de Jean-Christophe Grangé, c’est un écrivain qui ne déçoit jamais ses lecteurs. Je recommande aussi une très bonne biographie d’Alfred Hitchcock, « Une vie d’ombres et de lumière » de Patrick McGilligan chez Actes Sud. Hitchcock toujours… Pour moi c’est un personnage incroyable.

Tf. : Une dernière question nous brûle les lèvres : qui est Ingrid, que vous remerciez dans les dernières pages de « 7 ans après... » ?

G. M. : Il s’agit de ma compagne. Les mots que je lui adresse se passent de commentaires…


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