Rentrée littéraire 2012 : Francis Dannemark, « La véritable vie amoureuse de mes amies »

Rentrée littéraire 2012 : Francis Dannemark, « La véritable vie amoureuse de mes amies »
Rentrée littéraire 2012 : Francis Dannemark, « La véritable vie amoureuse de mes amies »
Dans cette photo : Max
« La véritable vie amoureuse de mes amies en ce moment précis » : un titre qui promet une histoire douce et réconfortante. Livre choral, le roman nous plonge au cœur des relations entre Max, veuf d'une cinquantaine d'années, et son groupe d'amis. Autour d'un cinéclub, ils se retrouvent chaque semaine, l'occasion de se confier, de se retrouver et de tisser des liens d'amitié ou d'amour forts. Francis Dannemark nous livre une histoire pleine de tendresse qui parle de l’amour sous toutes ses formes. Entretien.
A lire aussi

Terrafemina : Comment vous sont venus l’idée de ce livre et tous les profils de la galerie de personnages que vous y faites évoluer ?

Francis Dannemark : Ce roman est né il y a exactement cinq ans, durant l’été 2007. Il y a eu une longue période de gestation et de nombreuses évolutions en cours de route. J’ai su très vite que je voulais écrire l’histoire d’un groupe et non pas d’une ou deux personnes. Le titre s’est imposé immédiatement, me donnant le ton et le thème principal : c’est un roman qui tourne autour des relations amoureuses d’un certain nombre de personnages contemporains et qui essaie d’en donner une image juste. L’idée du ciné-club, qui donne à mes dix personnages l’occasion de se voir chaque semaine, est venue plus tard. Sans doute parce que j’en ai créé un moi-même, avec un petit groupe d’amis, qui existe encore aujourd’hui... Quant aux personnages, comme dans chacun de mes romans, ils se sont construits à partir de personnes que je connais bien ou que j’ai fréquentées occasionnellement – ou dont on m’a raconté l’histoire. Au fil du temps, ils se sont détachés de leurs modèles et sont devenus pour moi (et pour les lecteurs, je l’espère) de vraies personnes. Je leur ai fourni la maison et je les ai laissés vivre…

Tf : « La véritable vie amoureuse… » est irrigué par le cinéma : il permet à chacun de se retrouver autour d’un beau film et de se laisser transporter par la magie des histoires. D’où vous vient cette passion pour le cinéma ?

F.D. : Ma passion pour le cinéma (et pour la musique) est presque aussi vieille que celle que j’ai pour la littérature. Enfant, je n’allais jamais au cinéma, mais j’ai découvert les films à la télévision. En Belgique, les films étaient très souvent diffusés en version originale sous-titrée et c’est ainsi que j’ai commencé à apprendre l’anglais. C’était un téléviseur noir et blanc, donc pour moi, longtemps, le cinéma n’a existé qu’en noir et blanc et je n’ai pas vu de différence entre les films des années 30 ou 40 et les films en Technicolor avant de me mettre à fréquenter les salles obscures, à partir de l’âge de seize ans. Mais ma passion pour le cinéma, c’est avant tout une passion pour les histoires, pour les personnages. Aujourd’hui encore, l’essentiel, pour moi, c’est la qualité du scénario et des dialogues.
D’où vient cette passion pour les histoires ? C’est très simple : ma vie d’enfant n’avait rien de paisible et de rassurant. Dès que j’ai su lire, je me suis plongé dans le récit de ces vies qui me permettaient d’échapper un peu à la mienne. Et à l’âge de douze ans, dans la foulée, j’ai écrit quelques pages d’un roman…

Tf : Tout le long du livre, l’histoire se déroule en un huis clos au sein de la maison pleine de charme mais croulante dans laquelle se retrouvent tous vos personnages. Elle est réellement un personnage à part entière du roman… C’était une volonté dès le départ ?

F.D. : La maison est en effet devenue très vite un des personnages du roman. Sans elle, le roman n’aurait pas pris, j’en suis sûr.

Tf : L’actualité fait aussi des incursions dans le livre. Vous parlez notamment du tsunami qui a touché le Japon en 2011. L’un de vos personnages commente « le monde est dans une phase cruciale, tout bouge, mais c’est nécessaire, c’est ce qui va élargir notre champ de conscience ». Est-ce votre façon à vous aussi de voir le monde autour de vous aujourd’hui ?

F.D. : Mon roman a quelque chose d’un conte de fées. Il est chaleureux, apaisant, peuplé de gens de bonne volonté. Mais ils ne vivent pas hors du monde. Ils ont des problèmes de cœur, de famille, d’argent, de santé… Et ce qui se passe autour d’eux les touche, d’une manière ou d’une autre. Ainsi le tsunami au Japon, ou la crise qui s’amplifie. Bien sûr, je leur ressemble et je crois comme eux que nous sommes dans une période de mutation : un monde ancien va disparaître, un autre se prépare à naître – et si l’on veut qu’il soit un peu meilleur, un peu plus juste, il faudrait que chacun y mette du sien.

Tf : L’un de vos personnages s’exclame « quel film, la vie ! ». On pourrait également dire « quel film, la littérature ! » non ?

F.D. : Que dire, sinon : « Oui, bien sûr, vous avez raison ! »

VOIR AUSSI


Amitié homme-femme : l'équation impossible ?


Plus d'actu sur : Rentrée littéraire 2012

"Le monde était à nous" de Closets : quand Sartre a refusé le Nobel - vidéo
"Dans le harem de Kadhafi", l'enquête fascinante d'Annick Cojean - vidéo
Rentrée littéraire : "Tigre, tigre !" de Margaux Fragoso
Dans l'actu