France Soir : 42 journalistes liquidés et amers

France Soir : 42 journalistes liquidés et amers
France Soir : 42 journalistes liquidés et amers
La liquidation du site d'information de France Soir a été prononcée hier par le Tribunal de commerce de Paris. C'est la fin définitive de ce titre créé en 1944. Une cinquantaine de salariés, dont 42 journalistes, se retrouvent sur le carreau.
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L’histoire de France Soir s’est achevée lundi au Tribunal de commerce de Paris. La fin de ce quotidien historique, créé par Pierre Lazareff en 1944, ne s’est pas faite sans douleur. Les quelques propositions de reprise n’ont convaincu personne, pas même les salariés.

Le groupe Lafont Presse avait ainsi déposé une offre de rachat pour 56 000 euros ; il projetait de maintenir le site et de créer un hebdomadaire imprimé en 2013, en ne gardant que 6 sur les 49 salariés que comptait encore le site francesoir.fr. Réunis en comité d’entreprise le 19 juillet, ceux-ci ont rejeté cette offre, jugée « scandaleuse ». Une société de paiement en ligne, Cards Off, proposait également une reprise pour 50 000 euros, tandis que l’ancien propriétaire du titre, Jean-Pierre Brunois, avait promis de réfléchir à une offre. Rien n’y a fait, le Tribunal ne voit plus d’issue pour cette marque, qui avait pourtant remonté la pente après la disparition du quotidien papier en décembre 2011.

Le site francesoir.fr, relancé grâce à l’injection de 75 millions d’euros par l’héritier russe Alexandre Pougatchev, s’est en effet hissé parmi les grands sites d’infos en réunissant plus de 4 millions de visiteurs uniques pendant la campagne présidentielle. Fatigués et déçus, les 42 journalistes de la rédaction et les 7 salariés se retrouvent sans emploi. Sur son compte Twitter, le rédacteur en chef Dominique de Montvalon salue la mort d’un monument de la presse : « France Soir liquidé en trois phrases, en plein été. On ne méritait pas les grandes orgues de Notre-Dame, mais tout de même ! »

Sur la page d’accueil du site francesoir.fr, un écran noir avec le célèbre logo annonce : « Merci ». Dans un message à la fois amer et ému, la rédaction fait le point sur cette fin « cruelle », dénonçant la « couardise » de l’actionnaire riche de millions qui « pointait l'Eldorado sur l'horizon Internet », et « l’illusionniste repreneur » entendant poursuivre l'activité en conservant six employés. « Après le soir vient donc la nuit », peut-on lire, « mais heureusement dehors le soleil luit ». L’ensemble du matériel informatique, les stocks, le nom de domaine et les archives seront vendus aux enchères dans les prochaines semaines.

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