Laure Manaudou : enceinte, elle prend sa retraite des bassins mais pas des médias

Laure Manaudou : enceinte, elle prend sa retraite des bassins mais pas des médias
Laure Manaudou : enceinte, elle prend sa retraite des bassins mais pas des médias
Dans cette photo : Laure Manaudou
Laure Manaudou ne nagera plus en compétition. Au Grand Journal, mercredi 30 janvier, l'ex stars des bassins a annoncé qu'elle attendait un 2e enfant et qu'elle prenait sa retraite sportive. À 26 ans, celle qui a réconcilié les Français avec la natation en a peu dit sur sa reconversion si ce n'est qu'elle souhaite désormais « rencontrer des gens » et prendre des cours de média training pour apprendre à s'exprimer en public. Retour sur l'itinéraire d'une championne au parcours aussi exceptionnel que chaotique.
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« C'est une magnifique championne. Il faut tirer un très grand coup de chapeau à sa carrière exceptionnelle », a salué la ministre des Sports Valérie Fourneyron lors de ses vœux le 29 janvier selon RMC : « On a tous envie que Laure Manaudou poursuive. Je pense qu'elle va annoncer son retrait pour son équilibre personnel et j'espère qu'elle va rester dans le monde de la natation. Elle nous a tellement apporté ». Ce lundi soir, Laure Manaudou a, comme l'avait titré le JDD dimanche 27 janvier, annoncé sa retraite des bassins. En 12 ans, la chouchoute des médias et des Français a croqué l'or mais a aussi parfois été proche de toucher le fond.  

Les années Philippe Lucas

La jeune nageuse débute sa carrière nationale et internationale quand elle rejoint Philippe Lucas en 2001 au club de Melun. Il la repère alors qu'elle fait partie du club d'Ambérieu-en-Buget dans l'Ain. En 2002, elle remporte sa première médaille aux Championnats d'Europe juniors sur 100 mètres dos. Le phénomène Manaudou est né. Elle remporte cinq titres et bat quatre records de France en 2003 lors des Championnats nationaux à Saint-Etienne et obtient ainsi sa qualification pour ses premiers Championnats du monde. Mais elle n'y décroche aucune médaille. 

En 2004, année de la consécration, elle décroche d'abord quatre médailles d'or aux Championnats de France, puis trois titres aux Championnats d'Europe avant d'être couronnée aux JO d'Athènes sur 400 m nage libre et d'obtenir une médaille d'argent sur 800 m nage libre et une de bronze sur 100 m dos. C'est la première médaille d'or olympique de la natation tricolore depuis 1952 et Jean Boiteux. Les médias l'encensent, les Français tombent sous le charme.

Intouchable sur sa distance fétiche du 400 m nage libre, elle multiplie les records et les titres de 2004 à 2007 à l'échelle nationale et internationale. Décorée pour ses exploits sportifs, Laure Manaudou lance en 2005 une collection de vêtements sportswear en collaboration avec Arena, son équipementier sponsor. En 2007, le fondateur du groupe PPR, François Pinault, annonce qu'il subventionne pendant cinq ans la carrière de la nageuse ce qui lui donne accès aux tapis rouges des soirées de gala du groupe et à des moyens financiers très confortables.

La rupture et les premiers déboires

En mai 2007, la championne décide, après des Championnats du monde très réussis (cinq médailles dont deux en or), de se séparer de Philippe Lucas et rejoint son petit ami de l'époque, Luca Marin, en Italie. Mais l'aventure est un fiasco, elle n'arrive pas à s'intégrer et se blesse au pied. À la fin de l'été, elle décide de rentrer en France où elle revient à Ambérieu-en-Bugey (Ain), aux côtés de son petit frère Florent, tous deux entraînés par le grand frère Nicolas.

Ses histoires de cœur, d'abord avec Luca Marin, puis avec Benjamin Stasiulis, un dossiste français, font la une des journaux people. Des captures d'écran d'une vidéo de Laure Manaudou nue sont diffusées sur Internet en décembre 2007. Les médias ne l'épargnent pas. Déstabilisée, celle qui, à à peine 20 ans est l'égérie de Lancel, semble perdre de vue ses objectifs sportifs.

À Pékin, la nageuse, qui traîne depuis son escapade en Italie un an plus tôt la réputation d'avoir davantage la tête à ses amoureux qu'à ses performances dans la piscine, échoue. Elle ne parvient à remporter aucune médaille. La saison suivante, Laure Manaudou, désormais licenciée au Cercle des Nageurs de Marseille, est toujours en échec et décide en janvier d'écourter sa saison car elle n'arrive plus à prendre du plaisir à nager. Elle s'exile alors aux Etats-Unis où elle suit son compagnon, le nageur français Frédéric Bousquet. Elle fuit à l'époque la pression médiatique de plus en plus forte depuis ses échecs à Pékin et les éclats publics de sa vie amoureuse chaotique. En septembre 2009, elle annonce sa retraite sportive.

Retour à la compétition

Après avoir donné naissance à sa fille Manon en avril 2010, Laure Manaudou reprend l'entraînement en septembre de la même année et fait son retour en compétition en juillet 2011, soit un an avant les JO de Londres. Son nouveau défi est alors de décrocher une qualification. Elle y parvient en mars 2012 lors des Championnats de France à Dunkerque.

À Londres, elle est éliminée dès les séries des 100 et 200 m dos mais assiste ravie à la victoire surprise de son frère Florent sur 50 m nage libre. En novembre 2012 à Chartres lors des Championnats d'Europe en petit bassin, elle obtient la médaille d'or sur 50 m dos, celle d'argent sur 100 m dos et celle de bronze dans le relais 4x50 m 4 nages.

Brillante mais chaotique, la carrière sportive de Laure Manaudou s'achève. Mais la championne de 26 ans, qui a regagné la confiance de ses sponsors (Reebook, Cadum, Aubert), n'en a pas dit long ce 30 janvier sur ses projets professionnels. Dans les prochains mois, elle devrait largement se consacrer à sa vie de famille avec l'arrivée prévu d'un deuxième enfant.


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