Suédois et Suédoises sur un pied d’égalité

Suédois et Suédoises sur un pied d’égalité
Suédois et Suédoises sur un pied d’égalité
Qui a dit qu’il n’était pas possible de concilier vie de famille et vie professionnelle ? Sûrement pas les Suédoises, car leur pays est champion de la parité hommes-femmes. La Suède est ainsi un modèle d’égalité des sexes, en politique, pour la famille ou même à l’école.
À lire aussi

Dès 1845 la parité entre hommes et femmes est inscrite dans le droit successoral. En 1921 les Suédoises obtiennent le droit de vote alors qu’en France les femmes doivent attendre1944. En Suède, des ministères sont créés pour défendre le droit des femmes et garantir la parité dès 1850. Et en 1980, un médiateur (ou Ombudsman) est mis en place, il veille à l’égalité entre hommes et femmes. Un autre médiateur supervise lui la discrimination et notamment au niveau de l’éducation et de l’enseignement.  En effet chaque école doit établir son propre plan d’égalité de traitement en accord avec les enseignants, les élèves et les parents. La France attend 1995 pour mettre en place un observatoire de la parité.


Des mamans très actives


Les suédoise ne sont que 4% de femmes au foyer et 81% ont une activité professionnelle, ce qui représente l’un des taux d’activité les plus élevés au monde. En France elles sont 64% de femmes au travail et  15% de femmes au foyer. La Suède est aussi l’un des pays européens qui a le plus haut taux de natalité : 1,9 enfant par femme (en 2009). Le système social encourage la population à avoir des enfants, les parents ont droit à 16 mois de congé parentaux. Pendant les 13 premiers mois chacun des deux parents touche 80% de son salaire pour rester auprès de bébé, puis pour les trois mois restants, un montant journalier forfaitaire est versé. Depuis 2002, 60 de ses jours sont expressément réservés au père « les mois du père » et 60 autres à la mère, et sont non transférables. 


Politique : parité parfaite ?


C’est en matière de parité politique que la Suède est la plus exemplaire : 13 ministres sur 22 sont des femmes. En Suède 47,3% du parlement est féminin. Tandis que la France est encore bien loin de ces résultats : seulement 18,5% de femmes siègent à l’assemblée nationale.


Bémol : salaires, hiérarchie et violence


Pas de doute, il fait bon être une femme en Suède. Néanmoins, le tableau n’est pas non plus idyllique, et notamment en terme de salaires. Une femme gagne 15% à 20% de moins qu’un homme. Mais c’est toujours mieux qu’en France où les femmes gagnent en moyenne 27% de moins. En Suède, ça coince aussi au niveau des structures de direction des entreprises : seules 4 femmes sont directrices générales de sociétés cotées en bourse sur 300 directeurs.

En revanche, elles sont majoritaires dans le secteur public (56% de dirigeantes).Enfin, un triste chiffre : environ 28 500 plaintes sont déposées chaque année pour violences de la part d’un homme. Le chiffre peut sembler élevé, mais dans ce pays les femmes n’hésitent pas à se manifester auprès des forces de l’ordre. La police prend très aux sérieux toutes les accusations et des services spécialisés traitent les plaintes. Depuis 2008, la nouvelle loi sur les violences faites aux femmes aggrave les sanctions en cas de violences exercées par un homme contre une femme avec laquelle il a ou a eu une relation.

Aller plus loin :

Parité l’exemple de la Suède
Les italiennes en route vers la parité

Des pionnières dans des métiers « masculins »

Plus d'actu sur : L'égalité professionnelle, c'est pour quand ?

Hyperstress au travail : les femmes en première ligne
À partir du 3 novembre à 11h44, nous (les femmes) travaillerons gratuitement
Loi travail : comment les ordonnances d'Emmanuel Macron vont fragiliser les femmes