La Ruche qui dit Oui ! : un deal locavore 2.0

La Ruche qui dit Oui ! : un deal locavore 2.0
La Ruche qui dit Oui ! : un deal locavore 2.0
Parce qu'il voulait manger mieux et manger juste, Guilhem Chéron a créé La Ruche qui dit Oui !, une plate-forme communautaire qui nous fournit en fruits, légumes et fromages frais venus de la porte d'à-côté. Portrait.
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C'est le premier nom qu'il lui a trouvé et il l'a gardé. Guilhem Chéron est le cofondateur de La Ruche qui dit Oui !, une plate-forme communautaire d'achats groupés, à l'appellation improbable. « Je sais, c'est un peu bizarre, sourit l'entrepreneur, mais les gens s'en souviennent. C'est la description de notre modèle économique ». Le concept, en effet, repose sur un consentement : celui d'un producteur qui accepte de faire quelques kilomètres –jusqu'à 200- pour vendre son coulommiers fermier, ses pommes de terre Bintje ou ses bières de l'Ourcq en direct aux consommateurs. Pour obtenir son « oui », les locavores, eux, se réunissent en ruche et achètent ensemble pour un montant minimum. « L'objectif est multiple : permettre à chacun d'avoir accès à des produits locaux mais surtout simplifier la relation entre consommateurs et producteurs. » Et après presque deux ans d'existence, l'idée a fait son chemin : 15 000 internautes viennent s'approvisionner régulièrement et près de 1 200 fournisseurs se déplacent auprès d'eux.

« Allier mon goût pour l'innovation, le social et l'assiette du quotidien »

Un succès que son cofondateur prend avec philosophie : « Créer une entreprise, c'est comme un marathon, il y a des échecs, des réussites, aujourd'hui nous cherchons notre second souffle. » Pour Guilhem Chéron, cette course de fond a commencé en 2009. Alors designer industriel, il vend un brevet qui lui permet de réfléchir à un nouveau projet professionnel : « J'étais consultant. Je vendais des concepts, j'y travaillais et puis six mois après, c'était fini. Je voulais pour une fois aller au bout de mes idées et créer mon entreprise. » Et ce qu'il a envie d'approfondir, c'est la question de l'alimentation : cuisinier par passion, il est aussi l'auteur d'un livre de recettes et anime à l'époque des ateliers culinaires deux fois par semaine. « Je voulais allier mon goût pour l'innovation, le social et l'assiette du quotidien. »

En octobre 2009, l'entrepreneur intègre donc l'incubateur Advancia avec cette idée en tête. « J'ai passé six mois à réfléchir à ce concept avec des tas de gens. Tous les jours il changeait, il évoluait, en fonction des rencontres et des réflexions que l'on me faisait. » Mais si l'ancien designer sort de la couveuse en avril 2010 avec un projet abouti, il ne rencontre son futur associé, Marc-David Choukroun, qu'en septembre, après un premier échec de collaboration : « Je l'ai choisi parce que ces sujets l'intéressaient, j'ai compris que c'était essentiel pour que ça marche. » Résultat, dès décembre 2010, les deux entrepreneurs lancent leur société et une première version du site voit le jour en mars 2011. Depuis, les internautes-abeilles ont butiné : 200 ruches ont déjà fait leur nid. Et en 2013, 300 colonies pourraient elles aussi dire Oui.

Sa bio

10 février 1973 : Naissance à Montpellier
Octobre 2009 : Arrivé dans l'incubateur
2010 : Naissance du projet de La Ruche qui dit Oui ! en mars, rencontre avec Marc-David Choukroun en octobre et création d'entreprise en décembre.
2011 : lancement de la première version du site en mars et première distribution dans une ruche en septembre.

Ses conseils

-  Trouver un projet qui a du sens pour soi, être en cohérence avec lui.
-  Ne pas avoir peur d'être remis en cause et parler un maximum de son projet autour de soi.
-  Trouver le bon associé