Journée internationale du bonheur : qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ?

Journée internationale du bonheur : qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ?
Journée internationale du bonheur : qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ?
Alors que la France sort péniblement de la grisaille, la Journée internationale du bonheur s’ouvrait le 20 mars. L’occasion de redonner au bonheur toute sa place dans la société.
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Les Nations Unies ont proclamé le 20 mars Journée internationale du bonheur. À cette occasion, l’ONU « invite les États membres, les organisations internationales et régionales, ainsi que la société civile et le grand public à célébrer la Journée internationale du bonheur en organisant des activités éducatives et des campagnes de sensibilisation. »

Un mouvement mondial d’optimisme et de solidarité


Pour célébrer cette Journée Mondiale du Bonheur, l’ONU s’offre un parrain de choix, l’homme le plus « happy » du moment, la star Pharrell Willams. Avec son titre Happy qui cumule plus de 120 millions de vues sur YouTube, qui de mieux que le chanteur pour représenter cette journée ?

« Le monde a besoin d’un nouveau paradigme économique qui reconnaît la parité entre les trois piliers du développement durable. Le bien-être social, économique et environnemental est indissociable. Ensemble, ils définissent le bonheur brut mondial » déclarait Ban Ki-Moon, secrétaire général de l’ONU, à propos de cette Journée mondiale du bonheur.

Adoptée en 2011 par l’Assemblée Générale de l’ONU, afin de sensibiliser les États et la société civile à la recherche de politiques privilégiant le bien-être citoyen, cette initiative a le mérite de bousculer les esprits : trouver des alternatives dans notre société pour atteindre le bonheur. Pour l’occasion, de nombreux événements, colloques et ateliers de réflexion sont organisés, pour apporter une réflexion transversale sur le sens de l’Homme et de la vie.

Et c’est d’ailleurs tout le but de la journée du 20 mars que de « faire prendre conscience aux gouvernements qu’il faut envisager d’adopter la croissance économique dans une optique plus large, plus équitable et plus équilibrée, qui favorise le développement durable, l’élimination de la pauvreté, ainsi que le bonheur et le bien-être de tous les peuples » explique Ban Ki-moon.

Le Bonheur National Brut, la solution ?


La réponse nous vient peut-être du Bhoutan, une enclave coincée entre le nord de l’Inde et le Tibet.

En 1987, interrogé sur le produit national brut du pays, le roi Wangchuck, monarque récemment converti à la démocratie, répond qu’il s’intéressait davantage au « Bonheur National Brut » de son peuple. Il en fait alors un principe de gouvernance, puis un indice très sérieux où la protection des forêts et l’éducation gratuite comptent autant que la production électrique vendue à l’Inde.

Cet indice alternatif s’appuie sur une série de sept facteurs, proposés par le président de l’International Institute of Management, Med Jones : l’économique, l’environnement, la santé physique, la santé mentale, le bien-être au travail, le bien-être social et la santé politique. Chacun de ces critères est évalué individuellement par des enquêtes auprès de la population et des analyses statistiques (nombre d’agressions, de plaintes au travail, de divorces, de maladies graves, l’usage des antidépresseurs, etc.) donnant une mesure quantitative du bonheur.

(NDLR : Le Bhoutan a enterré le bonheur national brut en juillet 2013)

Peurs des Français et économie positive


Comme un écho au Bonheur National Brut, la France élabore son « indice pour une économie positive », dans le cadre d’une mission confiée par François Hollande au groupe de travail présidé par Jacques Attali.

L’objectif est d’évaluer les progrès accomplis à la suite de la commission Stiglitz, sur la mesure de la performance économique et du progrès social, initiée au quinquennat précédent. Il ne faut plus « voir les objectifs sociaux et environnementaux comme des contraintes, mais comme des valeurs en soi » résume Jacques Attali. Un changement de regard donc qui ne peut s’établir qu’à une seule condition : repartir de la réalité pour débusquer pensées et croyances auxquelles les Français sont attachés depuis si longtemps.

La Fabrique Spinoza, groupe de réflexion du bonheur citoyen, recense tous les sondages sur le moral des français, en analyse les causes pour proposer des solutions. Ses premiers résultats font état de plusieurs grands facteurs à l’origine de la dépression hexagonale : la fin de l’État providence, la peur de la précarité jointe à l’angoisse suscitée par la mondialisation, un système éducatif basé sur la sanction qui mine la confiance en soi, une répartition inégale du pouvoir et une forte distance hiérarchique, une valorisation à l’extrême de l’esprit critique gage d’intelligence, et des médias toujours alarmistes. Sans compter notre consommation effrénée d’antidépresseurs.

« Nous accordons trop d’importance au raisonnement cartésien. Ainsi avons-nous laissé de côté notre vision intuitive et symbolique du monde, pour progressivement basculer vers une vision analytique et rationnelle à l’extrême. Si bien qu’aujourd’hui en France, chaque idée doit être prouvée, justifiée et démontrée de manière rationnelle, sous peine d’être rejetée sans appel. Le pouvoir de la critique et de la pensée va si loin en France, que nous avons universellement accepté l’affirmation de Descartes “Je pense, donc je suis” », souligne Alexandre Jost, fondateur du think tank.

Et effectivement, en France, la Journée Mondiale du Bonheur 2014 ne trouve pas vraiment d’échos. Si de nombreuses manifestations sont prévues aux États-Unis et en Angleterre, chez nous rien à signaler. Une absence d’inspiration qui met en relief le sondage publié il y a 3 ans par BVA international qui plaçait les Français comme champions du monde du pessimisme.

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